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LOIS RELATIVES À LA RÉCONCILIATION
Bouteflika va relancer les grands chantiers
L'Expression, 21 décembre 2005
Le président interrompt sa convalescence pour venir signer la loi de finances et donner le coup d’envoi au programme de réconciliation nationale, mis à l’arrêt en raison de sa maladie.
La maladie du président de la République semble avoir mis un frein à toute activité gouvernementale d’envergure. Il s’agit notamment du projet de charte pour la paix et la réconciliation, plébiscité par les citoyens et qui est resté bloqué depuis le 29 septembre dernier. Il est vrai que les retards s’étaient accumulés bien avant sa maladie pour des raisons non encore énoncées.
Il s’agit aussi de la loi de finances 2006 qui a été votée par le Parlement et qui n’a pas été signée par le président. Comme est également concerné le mouvement des chefs de daïra et des secrétaires généraux de wilaya qui doit se poursuivre tout au long de la semaine prochaine ainsi que d’autres dossiers prioritaires. On a appris à ce sujet que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a mis fin aux fonctions de quatre secrétaires généraux de wilaya, tandis que quatre directeurs de wilaya ont été promus au rang de secrétaire général.
Ainsi que l’a rappelé le représentant personnel, Abdelaziz Belkhadem, dans une déclaration récente, le chef de l’Etat ne peut signer aucun décret en étant hors du territoire national. Son rétablissement va donc lui permettre en effet de faire l’effort en interrompant sa convalescence, pour signer les dossiers en attente. Rappelons que lors de l’ouverture de l’année judiciaire, le président de la République a mis l’accent sur le rôle de la justice et sur ce qui est attendu d’elle en matière de lois relatives à la réconciliation. Ces lois qui tardent à voir le jour concernent, sur leur aspect social, la prise en charge des familles victimes du terrorisme et de ceux qui ont pris le maquis pour une raison ou une autre. Sur l’aspect du rétablissement de la paix, des garanties sont attendues par ceux qui sont encore dans la clandestinité pour revenir à la société. Seules les lois peuvent leur donner ce genre de garanties. Relevons que, depuis le début de la maladie du président, les activités criminelles ont cessé. Il y a comme une sorte d’attente, même dans les maquis, parce que les rumeurs les plus folles ont accompagné la maladie du président. Elles ont mis tout le monde dans la gêne.
Avant que le président ne tombe malade, il était question de reddition de Hassan Hattab, de Mokhtar Belmokhtar et de contacts établis avec El Ahouel. Hattab était entré en trêve unilatérale avec ceux qui lui sont restés fidèles dans la région de Bouira. Des émissaires ont contacté Belmokhtar, dans le Sud algérien, par le biais de sa famille et l’auraient convaincu de déposer les armes. Les contacts étaient à un stade très avancé puis tout est retombé dans l’oubli depuis. Le cas d’El Ahouel dans la région de Ramka (Relizane) avait évolué grâce aux relais de l’AIS.
Les rumeurs ont pris le dessus jusqu’à l’apparition télévisée du président qui a remis de l’ordre dans la maison Algérie.
Rappelons que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Yazid Zerhouni qui a regagné Alger, selon des sources crédibles, s’est également absenté pour des raisons de santé pendant la même période. Ce qui a handicapé le fonctionnement des institutions de souveraineté. Le retour à la normale va relancer le débat sur la réconciliation, sur sa concrétisation par les lois. Le ministère de la Justice n’a donné aucune indication sur leur nature. Mais les lois n’ont de valeur qu’après avoir effectué le parcours législatif en prenant leur départ à la présidence de la République.
L’équipe chargée de la rédaction de ces lois, au niveau du ministère de la Justice, a visiblement terminé son travail et n’attend que l’aval du président pour venir ensuite les défendre devant la commission des affaires juridiques et des droits de l’homme à l’APN.
Une fois terminée, l’oeuvre de la réconciliation cèdera le pas à celle de la révision constitutionnelle. Le FLN a déjà mis en chantier une commission spécifique pour rassembler les éléments utiles susceptibles d’aider le président à apporter les amendements nécessaires à la Constitution de 1996. Il s’agit surtout de faire le choix entre le régime parlementaire et le régime présidentiel.
La révision de la Constitution, qui aura probablement lieu en 2006, sera suivie par des élections législatives et locales en 2007. Mais il faudra attendre le rétablissement du chef de l’Etat pour pouvoir entreprendre ces grands chantiers.
Abdelkader HARICHANE
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