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Flou autour d'une reddition Le Quotidien d'Oran, 27 avril 2004 Al-Djazira a fait état hier d’opérations d’évacuation de familles entières vivant dans des maquis islamistes du GSPC. Si aucune source officielle algérienne n’a confirmé cette information, sa diffusion par la chaîne qatarie n’étonne pas outre mesure et semble sacrifier à un rituel désormais connu et dont les grands adeptes annoncent quotidiennement l’évacuation «imminente» des dernières poches de guérilla islamiste encore en activité dans certaines régions du pays. Pour autant, cet empressement médiatique à vider les derniers maquis islamistes algériens ne semble pas totalement correspondre à la réalité. Certes, des contacts ont lieu pour amener les irréductibles à quitter les armes mais ils ne datent pas d’aujourd’hui, affirment certaines sources. Selon un observateur avisé, il y a, au-delà du projet politique généreux de faire évacuer les maquis, un processus plus complexe. Les individus encore présents dans les montagnes forment des groupes à part. Ils ont cette particularité d’avoir dédaigné la concorde civile quand celle-ci leur proposait des mesures de clémence qui, aujourd’hui, ne sont plus à l’ordre du jour. Le traitement de leur dossier est donc plus délicat et recommande une minutie très particulière quant à l’information concernant leurs activités antécédentes, à sa vérification et à son recoupement par les différents services spécialisés dans la lutte antiterroriste. Il s’agit, poursuit-il, d’une affaire où il est question de faire la lumière sur tel ou tel fait sanglant, sur tel ou tel massacre, et à propos de laquelle il est surtout question de tenir compte des victimes du terrorisme. La reddition peut être collective, le traitement, lui, se fera au cas par cas et suivant les préceptes de la loi et de la justice, renchérit-il. Selon la même source, parler d’amnistie serait inapproprié, voire non fondé, eu égard au caractère très sensible du dossier. D’où, explique la même source, la réaction de l’ancien chef de l’AIS, Madani Mezrag. Dans une déclaration sur Al-Djazira, dimanche dernier, Mezrag a déclaré que les personnes devant quitter les montagnes ne sont pas des «repentis». Sans doute, pour suggérer son souhait personnel - et de ceux qui participent aux différents contacts - de les voir bénéficier du même statut que celui des anciens de l’ex-AIS au lendemain de la promulgation de la loi portant Concorde civile. La logique de Mezrag serait de faire pression sur les autorités du pays pour assurer aux anciens comme aux futurs repentis, de meilleures garanties de réintégration. Et, pourquoi pas, une amnistie générale. Mais ce n’est là qu’un souhait que l’examen du terrain risque de contredire. Alors qu’il était en pleine campagne électorale à Jijel, le président de la République a été apostrophé par un quidam qui, en plein discours, lui a demandé de promulguer une amnistie générale. «Non, je ne peux pas faire une promesse aussi lourde», a-t-il répondu. Des informations non confirmées ont fait état hier d’opérations d’évacuation de familles entières vers des camps administrés par l’ANP. Ces familles, indiquent les mêmes sources, vivaient dans des maquis contrôlés par des éléments du GSPC qui ont décidé de se rendre aux autorités en perspective de la promulgation future de la réconciliation nationale. Mezrag a déclaré hier à El-Djazira, qu’ils ne sont pas des repentis. Ils ont un statut au même titre de l’AIS naguère. C’est du moins ce que souhaite l’ancien chef de l’AIS. Kader Hannachi
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www.algeria-watch.org
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