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FIS DISSOUS
Belkhadem rouvre le dossier
Le Soir d'Algérie, 20 septembre 2005
Rapportée dans son édition d'hier par notre confrère Sawt El Ahrar et confirmée par d'autres sources, la teneur de la rencontre jeudi entre le ministre d'État, Abdelaziz Belkhadem, et des membres de l'instance exécutive du Fis dissous, résidant en Europe, laisse les observateurs perplexes. En fait, le dossier de l'ex-FIS est-il réellement clos ou fait-il l'objet d'une négociation pour sa réouverture?
Chérif Bennaceur Alger (Le Soir) - Selon notre confrère, Abdelaziz Belkhadem, représentant personnel du chef de l'Etat, a rencontré jeudi dernier des membres de l'instance exécutive du FIS dissous qui résident en Europe. Une rencontre tenue en marge d'un meeting d'explication et de sensibilisation, animé par le secrétaire général du FLN avec la communauté algérienne établie en Grande- Bretagne et en Europe, dans le cadre de la campagne pour le référendum du 29 septembre sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation. Une rencontre que Abdelaziz Belkhadem a confirmée à notre confrère et qu'il a qualifiée de "réussie" et d' "occasion d'ouvrir le débat sur les dispositions de la charte". Cela même si Abdelaziz Belkhadem ayant refusé de dévoiler l'identité des militants de l'ex-FIS, car estimant l'information "confidentielle", le quotidien arabophone a, citant des sources "très au fait", révélé que plusieurs contacts avaient eu lieu ces derniers jours entre des membres de cette instance qui résident dans des capitales européennes et que plusieurs d'entre eux se sont déplacés à Londres pour y rencontrer le représentant du chef de l'Etat. A ce propos, le quotidien cite Abdelkrim Ould-Adda, Mourad Dhina, Kherbane Qamareddine, Rabah Kebir, Djaâfar El Houari et Abdallah Anas. Des militants de l'ex-FIS qui auraient affirmé à Abdelaziz Belkhadem leur soutien à l'initiative présidentielle et leur disponibilité à agir dans le sens de la réussite de cette démarche. Ainsi, il est question, selon Sawt El Ahrar, d'un communiqué officiel que cette instance s'apprête à diffuser dans les prochains jours et où elle compte appuyer l'initiative présidentielle. En fait, il s'avère que le représentant personnel du chef de l'Etat a rencontré, jeudi dernier, et à sa demande, dans la résidence londonnienne d'un riche homme d'affaires algérien, des membres de l'instance exécutive du parti dissous. Une rencontre préparée dans la précipitation et à laquelle Abdelkrim Ould-Adda, porte-parole du FIS depuis 1993 et qui réside à Bruxelles, Kherbane Qamareddine dont le lieu actuel de résidence est inconnu, et Rabah Kebir, vivant en Allemagne, n'étaient pas présents. En outre, d'autres islamistes algériens expatriés et non apparentés au FIS dissous, auraient aussi participé, en tant que médiateurs, à cette rencontre. De fait, cette rencontre aurait contribué à "déblayer le terrain" en vue d'autres rencontres ultérieures de ce genre, le principe en étant retenu selon des milieux proches de Kherbane Qamareddine. Ce faisant, ces contacts s'inscrivent-ils dans le cadre d'une négociation entre le pouvoir et les cadres de cette instance, en vue d'une réhabilitation sous une forme ou une autre du parti dissous? Un parti dont le dossier a été déclaré "clos" à maintes reprises, et même par la voix du président de la République dont le représentant personnel ne manque pourtant pas de se prévaloir et d'en refléter l'opinion. Cela même si Abdelaziz Belkhadem a déclaré à notre confrère avoir répondu de manière claire et précise sur la question du retour au sol natal souhaité par la plupart des membres de cette instance et qui résident en Europe. Ainsi, Belkhadem a estimé, "quant à ceux qui répondent aux conditions d'amnistie prévues par le projet de charte, qu'il n'y a aucun motif les empêchant de régulariser leur situation juridique et de rejoindre leurs siens, après l'aval populaire de la charte, à la condition qu'ils n'enfreignent pas les lois de la République". Or, l'entame d'une série de rencontres entre des officiels et l'instance exécutive n'a de signification que dans le cadre d'une négociation en cours sur la réouverture du dossier de l'ex- FIS, pourtant réfutée par le chef de l'Etat qui a récemment, à plusieurs reprises, écarté de "revenir à la situation d'avant 1990, ce qui signifie la fin de l'Algérie". Cela même si Abdelaziz Bouteflika qui, à ce propos, évoquait l'impossibilité d'une amnistie générale, n'avait pas manqué d'affirmer, sans toutefois citer nommément les politiques de l'ex-FIS, que "ceux qui sont à l'étranger pour des idées politiques et n'ont pas commis de violences, s'ils veulent rentrer, je serais heureux si les Algériens les accueillaient avec du lait et des dattes. Même si je sais que mes propos ne plaisent pas". Or, de tels propos peuvent supposer une onction présidentielle à la réouverture de ce dossier, dans le cadre d'une négociation sur la réhabilitation non celle du parti dissous en tant que titre ou structure partisane mais celle de ses militants expatriés et non impliqués dans des actes de terrorisme. Cela même si Abdelaziz Belkhadem a indiqué, dans les colonnes suscitées, que "les gens que les mesures d'amnistie, prévue dans la charte, excluent car impliqués dans des actes terroristes, seront présentés à la justice. Ils peuvent néanmoins bénéficier, comme tous les autres détenus, de mesures d'amnistie ultérieurement". Serait-ce un indice d'une volonté de compromis avec cette instance de la part d'un pouvoir soucieux de la réussite de son initiative de paix, au demeurant imprégnée de bons sentiments mais aux contours véritablement imprécis et controversés? Les jours prochains renseigneront sur le sort définitif de ce dossier que d'aucuns avaient cru définitivement fermé.
C. B.
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