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LE
CONSEIL NATIONAL DU FFS APPRÉCIE LA RÉCONCILIATION
NATIONALE
"Une monstruosité politique" Le
Soir d'Algérie, 25 décembre 2004
Le
Front des forces socialistes (FFS), dont le conseil national, réuni ce week-end en session ordinaire, a estimé stalinienne
la gouvernance telle que pratiquée sous l'ère du président
Bouteflika, ne se fait point le chantre de la réconciliation nationale, à plus
forte raison de celle aux contours imprécis pensée aujourd'hui
par le pouvoir. Pour le parti de Hocine Aït Ahmed, dans le contexte
de la gestion actuelle, la perspective s'assimile à rien moins
qu'à "une monstruosité politique".
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - Le Front des forces socialistes
n'est pas près d'embarquer avec le président Bouteflika vers
des rivages inconnus. Son conseil national, qui a jeté, hier, un regard
scrutateur sur la situation générale du pays, a conclu à plutôt
avertir des périls politiques qu'elle engendrerait qu'à se faire
adepte de réconciliation nationale. "(.) Comment peut-on parler d'une
réconciliation nationale en l'absence des libertés individuelles
et collectives ? Une autre monstruosité politique, visant à imposer
le silence au peuple algérien et à garantir l'impunité aux
décideurs qui se sont rendus coupables de crimes contre l'humanité." De
cette réconciliation, le Front des forces socialistes se démarque.
Pour le parti, "la véritable réconciliation doit se faire entre
l'Etat et le peuple algérien. Elle passe inévitablement par la
restitution aux citoyens de leurs droits politiques, économiques, sociaux
et culturels et qui ne peuvent s'exercer que par la libération des champs
médiatique et politique et par le respect des droits de l'homme. Une
réconciliation véritable doit être le couronnement d'un
large débat au sein de la société et des partis politiques
dans un cadre démocratique et doit impérativement obéir
aux principes de vérité et de justice". Conséquent dans
son raisonnement politique, le Front des forces socialistes s'inscrit, aussi,
en faux de l'option qui semble retenue pour valider le projet de réconciliation,
en l'occurrence le référendum. "Au lieu de prendre en charge
les préoccupations et les souffrances des citoyens dans un cadre démocratique,
le pouvoir adopte une stratégie expéditive en imposant la voie
référendaire. Quelle crédibilité peut avoir un
référendum dans un système incapable de s'interdire de
recourir à la force et à la manipulation ?" Par ailleurs, le
Front des forces socialistes n'a pas lésiné sur la critique à l'endroit
du pouvoir dont il a estimé la gouvernance stalinienne. "Depuis quelques
années, un type nouveau de gestion des affaires publiques se met insidieusement
en place et les aberrations économiques, politiques et sociales deviennent
récurrentes. Une gouvernance stalinienne consistant à proclamer
des slogans et des principes démocratiques et à pratiquer le
contraire dans les faits quotidiens". S'affichant défenseur acharné du
secteur public, le parti de Hocine Aït Ahmed a saisi l'occasion de cette
session de son conseil national pour mettre en garde contre le démantèlement
programmé du secteur. Il en a appelé, ce disant, à une
mobilisation sociale et syndicale pour empêcher les privatisations annoncées.
Le Front des forces socialistes a dénoncé l'arrestation des journalistes,
des syndicalistes et des militants des droits de l'homme. Le parti lance, enfin,
un appel "à tous les acteurs sociaux et politiques autonomes à se
concerter et à engager des actions concrètes pour le sauvetage
des libertés dans notre pays".
S. A. I.
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LE FFS s'explique
L'Expression,
25 décembre 2004 Le parti d'Aït Ahmed estime aussi que rien ne justifie le maintien
de l'état d'urgence. La résolution finale sanctionnant les travaux du conseil national
du FFS, réuni ce week-end en session ordinaire au siège
du parti, a dressé un sévère réquisitoire
contre les orientations socioéconomiques et politiques du pouvoir.
Le FFS parle d'un nouveau type de gestion des affaires publiques qui
se met insidieusement en place, qui est marqué « par
les aberrations politiques, économiques, sociales, lesquelles
deviennent récurrentes ».
Emboîtant le pas aux autres entités politiques, le plus vieux
parti d'opposition exige la levée de l'état d'urgence. « Les
Algériens découvrent, ajoute-t-il, que le maintien de l'état
d'urgence aura servi à privatiser l'Etat et à éradiquer
le secteur public et à etouffer la vie politique » . Pour
le FFS donc, rien ne justifie le maintien de cette loi. Si ce n'est « une
obsession du pouvoir à vouloir régenter la société par
la négation absolue de toutes les libertés ». Preuve
en est, « la persécution » des journalistes, des
syndicalistes des étudiants. « Toutes les catégories
sociales sont victimes de la répression. » L'occasion pour
appeler à la libération de l'ensemble des détenus de
la dissidence nationale pacifique. « Les institutions, estime le
parti, sont devenues de simples appareils au service des décideurs ».
Dénonçant par là même les décisions de transfert
des prérogatives des élus locaux au profit de l'administration
et la relégation des représentants du peuple figurant dans
les institutions « pourtant censées représenter les
citoyens ».
Allusion faite à la décision prise le 14 octobre dernier en conseil
des ministres, ayant trait au transfert de l'étude des dossiers de l'affectation
des logements à une commission présidée par le chef de
daïra. Dans un autre volet, le parti d'Aït Ahmed doute de la sincérité « des
décideurs » à oeuvrer pour une véritable réconciliation
nationale, dont les Algériens ignorent tout. De l'avis du FFS, la véritable
réconciliation doit se faire entre l'Etat et le peuple algérien. « Elle
passe inévitablement par la restitution aux citoyens de leurs droits
politiques, sociaux et culturels et qui ne peuvent s'exercer que par la libération
du champ médiatique et politique et par le respect des droits de l'homme ».
Un processus qui doit faire l'objet d'un large débat au sein de la société et
des partis politiques dans un cadre démocratique. Mais d'ores et déjà,
le FFS tient à lever toutes les équivoques, en prenant le soin
de bien tracer les limites entre « la réconciliation » et « l'amnistie »,
en insistant que toute démarche politique dans le sens du rétablissement
de la paix sociale et de la sécurité estime que seul le retour à la
légitimité populaire par l'élection d'une Assemblée
constituante est à même de redonner la parole au peuple. Sur le
plan économique, le FFS estime que la privatisation des entreprises
publiques « dans l'absence de transparence, d'un vrai dialogue social
et d'institutions représentatives », conduira inéluctablement
vers un transfert « mafieux » du patrimoine national au
profit « de lobbies et de groupes financiers occultes. » Partisan
d'un secteur public assaini, et de la promotion de l'entreprise privée,
de l'emploi et des richesses, il tient à préciser que les privatisations « ne
peuvent concerner les secteurs stratégiques protégés
par la Constitution, dont les hydrocarbures ». Et de dénoncer
la mesure annoncée de privatisation systématique du secteur public
avec la complicité de la direction de l'Ugta.
Enfin, il recommande à l'ensemble des cadres gestionnaires et syndicaux « de
se concerter » dans chaque entreprise pour définir des stratégies
sectorielles qui sauvegardent l'outil de production et l'emploi.
Achira MAMMERI
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PROJET D'AMNISTIE GENERALE
Le
FFS doute de l'option référendaire
Le
Quotidien d'Oran, 25 décembre 2004
Le FFS a clos hier les travaux de son conseil national
ordinaire par une déclaration critique sur l'action politique du pouvoir. Ce
document pointe le « marasme économique et social ainsi
que l'impasse politique » que le parti croit déceler dans
la conjoncture actuelle. Le FFS y défend ses positions habituelles
en insistant, en particulier, sur deux points importants : le premier
concerne la question de l'amnistie générale à laquelle
le président de la République va incessamment appeler.
Pour le FFS, le référendum ne constitue pas une bonne option.
Il s'agit, d'une «stratégie expéditive» qui
risque de faire rater la véritable réconciliation qui doit
se faire, selon lui, «entre l'Etat et le peuple algérien».
Celle-ci, insiste le FFS, doit passer «inévitablement» par
la restitution aux citoyens de leurs droits politique, économique,
sociaux et culturels qui ne peuvent s'exercer que par la libération
des champs médiatique et politique et par le respect des droits
de l'homme. A cet effet, le «parti» préconise un débat
large qui toucherait à toute la société et les partis
politiques qui doivent en débattre dans un cadre «démocratique
devant obéir au principe de vérité et de justice». «Quelle
crédibilité peut avoir un referendum dans un système
incapable de s'interdire de recourir à la force et à la
manipulation» , s'interroge le FFS pour lequel la seule solution
consiste au retour de la légitimité populaire qui passe
par l'élection d'une constituante souveraine. Le second point
concerne la situation économique, en particulier, celle du secteur énergétique.
A ce sujet, le parti d'Aït Ahmed craint une privatisation du secteur
et une violation de la constitution qui garantit sa protection. « Les
privatisations, dit-il, ne peuvent concerner les secteurs stratégiques
protégés par la constitution dont les hydrocarbures, et
que toute cession de patrimoine ne doit, en aucun cas, aboutir à un
contrôle extérieur de la production ni à une dépendance »...
Le FFS appelle les travailleurs et les syndicats à s'opposer à toute
liquidation de leurs outils de travail et de se concerter pour définir
des stratégies sectorielles qui sauvegardent l'outil de production.
Au chapitre des libertés publiques, la déclaration du FFS évoque
l'absence de liberté résultant du maintien de l'état
d'urgence.
Elle dénonce «la persécution des journalistes, des
syndicalistes et des étudiants», et la restriction des libertés
syndicales.
Salah-Eddine K.
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