|
|||||
|
Jugeant que la «charte» tend à «amalgamer les causes et les effets de la crise» Le FFS se prononce pour le boycott du référendumpar Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 4 septembre 2005 Le Front des forces socialistes (FFS de M. Hocine Aït Ahmed), l’une des principales forces réconciliatrices du pays, a assimilé la «charte pour la paix et la réconciliation» à un «acte de guerre contre la société», estimant qu’il était sain de la contrer par «une campagne imaginative et active» pour assurer «la réussite du boycott du scrutin», le 29 septembre prochain. La prochaine consultation populaire «n’est qu’un stratagème» destiné à «absoudre les coupables de crimes et culpabiliser les victimes et à amalgamer les causes et les effets de la crise algérienne», estimait le FFS, dans une déclaration sanctionnant la réunion de son conseil national le week-end dernier. Dans ses conclusions, le conseil national du Front souligne que la charte proposée «cache mal la volonté et l’outrecuidance des décideurs, coresponsables des développements tragiques générés par le coup d’Etat de janvier 1992, de s’octroyer, en abusant de la lassitude et de l’épuisement de la société, une immunité populaire contre des poursuites judiciaires pour violation massive des droits de l’homme et crimes contre les populations sans défense». Partant de ce constat, le FFS déclare qu’il «ne peut adhérer qu’à une paix qui soit l’aboutissement d’un processus fondé sur la vérité et la justice et qui ne réserve que l’amnistie conditionnelle et individuelle». Aussi, déclare-t-il prendre à témoin l’opinion nationale et internationale qu’il «poursuivra inlassablement sa lutte pour que la lumière soit faite sur les dépassements et que les auteurs et les commanditaires répondent de leurs actes». Le texte du conseil national revient sur la pénalisation du parti à travers la dissolution des P/APC à dominante FFS. «La dissolution des assemblées locales des wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou, par le recours à des ordonnances et des décrets arbitraires et illégaux, témoigne de l’immoralité…». En outre, elle «atteste qu’à défaut de soumettre et de contrôler l’opposition, on sort le rouleau compresseur et use de toutes sortes de manœuvres pour l’éliminer». Dans son analyse, la déclaration considère que l’éloignement des élus du FFS par «les metteurs en scène de la supercherie électorale» visait, d’une part, à éviter d'»intégrer les acteurs autonomes, comme témoins d’une falsification des résultats du vote» et, d’autre part, à «planter le décor pour la recomposition du champ politique et la reconfiguration de la représentation politique et sociale dans la région de Kabylie réputée frondeuse». Cependant, «les stratèges du tout sécuritaire se trompent dans leurs hypothèses : ils sous-estiment le degré de maturité politique des citoyennes et citoyens de Kabylie ainsi que le niveau d’enracinement des valeurs du FFS dans la société», souligne-t-il, confiant. M. Z. |
Redditions - Réconciliation - Amnistie | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||