Le FFS émet des soupçons sur la réconciliation nationale

La démarche vise à la «consécration de l´impunité»

par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant 27 mai 2004

Le FFS a affirmé hier que la réconciliation nationale telle que avancée par le pouvoir vise à un objectif principal : «La consécration de l´impunité par des habillages juridiques et constitutionnels.» Dans une déclaration rendue publique à l´issue de sa réunion les 24 et 25 mai, le secrétariat national du FFS estime qu´une véritable réconciliation nationale ne saurait être réduite à une opération hyper-médiatisée de redditions».

La réconciliation doit plutôt «signifier l´ouverture d´un dialogue transparent et être le couronnement d´un débat franc et serein entre les forces politiques représentatives, les vrais détenteurs du pouvoir et les représentants de toutes les victimes de la tragédie nationale», souligne-t-il dans ce qui semble être une riposte aux récents propos d´Ouyahia.

Le FFS dénonce, en outre, «l´entêtement du pouvoir à vouloir entretenir en Kabylie de faux représentants». Un fait qui «vise à perpétuer le chaos dans la région mais surtout à pervertir la problématique politique en tentant de la réduire à une crise régionale», souligne le Front qui, rappelle ainsi son absence du dialogue auquel le chef du gouvernement appelait les seuls aârchs, leur délivrant ainsi un statut de représentants de la région bien que sans existence légale.

Le SN du Front, s´est élevé, par ailleurs, contre le maintien de l´état d´urgence qui «étouffe les libertés d´organisation et de manifestation» et aide à «dépouiller la société de l´ensemble de ses ressorts politiques et de ses énergies de contestation».

Aux plans économique et social, la déclaration relève «l´absence totale d´un programme et d´une stratégie de développement, lisible et structurée» et réclame des explications sur «la multiplication des foyers de tension» à travers le pays qui, paradoxalement, vit une embellie financière.

Au plan international, le FFS déplore le fait que «l´extermination et les atteintes à la dignité humaine soient le lot des populations civiles» en Irak, en Tchétchénie, en Palestine, au Soudan et au Nigeria et critique le rôle de la Ligue arabe qui reste, selon lui, «l´un des principaux instruments de la domination» des peuples qu´elle est censée représenter.

Ainsi, le Front de Hocine Aït-Ahmed «condamne énergiquement la confiscation du droit à l´autodétermination du peuple irakien, le génocide contre les populations palestiniennes». La déclaration dénonce, enfin, «le mutisme de la communauté internationale sur la catastrophe humanitaire au Soudan».

M. Z.

 

 
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