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Les familles de disparus réagissent aux déclarations de Ksentini Les faux disparus ne figurent pas dans nos registrespar Rosa Mansouri, Le Jeune Indépendant, 10 décembre 2005 Si le dossier des disparus commence à connaître son épilogue, selon le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), ce n’est pas le cas pour les familles des disparus qui considèrent que le dossier est de plus en plus compliqué, notamment par l’absence d’une véritable volonté politique pour le règlement définitif de la question. Réagissant aux déclarations faites par M. Ksentini, concernant le recensement par la commission de 3 000 faux disparus sur les 6 146 dossiers ouverts, Mme Ighil, de l’Association nationale des familles des disparus (ANFD), a affirmé que la dernière sortie de M. Ksentini «renforce la conviction des familles des disparus qu’aucune volonté n’est affichée pour résoudre le problème». Elle déplore le fait que ces familles n’aient jamais eu accès aux recommandations faites par celui-ci au président de la République. Notre interlocutrice s’interroge sur les véritables motivations qui ont amené à l’installation d’une telle commission, si celle-ci est incapable d’apporter les réponses nécessaires aux familles qui sont à la recherche de la vérité et de la justice depuis des années. «Tous ces chiffres et le semblant de solutions proposées par cette commission ne sont que de la poudre aux yeux», a-t-elle dit, ajoutant que la commission de Ksentini «a pris conscience de l’ampleur du phénomène des disparitions au niveau du territoire national et de la gravité de la situation, raison pour laquelle elle essaie de trouver des solutions superficielles, évitant d’entrer dans les détails et d’approfondir les enquêtes». De toute façon, dit-elle, cette commission n’a même pas les moyens d’aller loin dans ses investigations. «Nous savons tous que la question des disparitions est un phénomène qui n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une démarche bien calculée et planifiée», a-t-elle souligné. Ainsi, pour parer à toutes ces contradictions et déclarations évasives lancées de part et d’autre, les associations des familles des disparus ont décidé de constituer une base de données sur tous les cas de disparitions enregistrés. Cette initiative, qui se veut d’abord une étude documentée sur la situation des disparus, dont le nombre est beaucoup plus important qu’on le pense, selon notre interlocutrice, ouvrira également une fenêtre pour le traitement de ce dossier, d’une manière plus sereine et juste. «Nous allons rendre publiques, sur un site Internet, toutes les informations concernant les disparus. Cela consistera en une banque de données à même de mettre fin à toutes les spéculations et à toutes ces déclarations vidées de tout sens», a affirmé Mme Ighil. De son côté, le président de l’association Soumoud, M. Ali Merabet, s’est insurgé quant aux propos tenus par M. Ksentini qui, selon lui, ne dispose même pas des donnés exactes qui les confirment. «M. Ksentini n’a rien fait de concret, sauf avancer des hypothèses. Or, sa mission était de donner des informations précises sur chaque cas de disparition recensé», relève-t-il, tout en affirmant qu’«en ce qui les concerne, ils ont toutes les informations sur les charniers où se trouvent les disparus». «Les associations font un meilleur travail que celui de cette commission qui, au lieu de chercher où sont passés ces disparus, fausse le chemin pour parler d’indemnités et autres dispositions. Et cela est aberrant», a-t-il martelé. «Tout ce que nous lui demandons, c’est de nous livrer cette liste des faux disparus, afin que nous puissions la comparer avec les listes dont nous disposons», a lancé M. Merabet, en s’interrogeant réellement sur la nature de ces faux disparus. «En tout cas, nos disparus sont dans les charniers», a-t-il conclu. C’est pour clarifier tous ces subterfuges que le président de l’association Soumoud a insisté, une fois de plus, sur la nécessité pour l’Algérie de ratifier la convention internationale pour la protection contre les disparitions forcées. Seule alternative pour mettre fin à ce phénomène inadmissible et avilissant. R. M. |
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www.algeria-watch.org
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