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Ben Bella au sujet de l’initiative présidentielle «L’amnistie générale est une exigence» par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 25 janvier 2005 Le premier président de l’Algérie indépendante a réitéré, hier, son soutien indéfectible à l’initiative d’amnistie générale du président Bouteflika. Ahmed Ben Bella qui était l’invité du forum du quotidien Djazair News, est longuement revenu sur cette initiative qui est une «exigence» permettant un retour à la paix afin de «rompre définitivement avec les années de crise qu’a traversées notre pays». Interrogé sur les mécanismes de mise en place de l’amnistie générale, l’ancien président estime ne pas être au «pouvoir» pour prétendre apporter des détails à ce sujet. Toutefois, il ne manque pas d’émettre le souhait de voir cette initiative «aboutir dans les plus brefs délais». «Personne n’a le droit de faire de cette initiative un prétexte pour détourner l’attention», estime-t-il. Se montrant plus clair, M. Ben Bella estime, à titre d’exemple, que les familles des disparus n’ont pas à conditionner leur soutien à l’amnistie par le règlement de leur cas. «Si chacun commence à formuler ses conditions, on n’en finira jamais», affirme-t-il en précisant au passage que «chaque citoyen doit faire sienne cette démarche pour espérer recouvrer la paix». Une paix qui a longtemps boudé notre pays en raison, selon l’ancien président, d’»une situation internationale impitoyable et de la mondialisation qui a rendu vulnérables les pays du tiers-monde, donnant naissance à des luttes internes sans précédent». Evoquant précisément les «de feu et de sang» connues par notre pays, M. Ben Bella a révélé que «les mêmes personnes qui ont tiré leurs dividendes du malheur des Algériens continuent aujourd’hui d’empêcher l’aboutissement de l’amnistie générale pour ne pas être en perte de perspective». Quant au rôle qu’il aura à jouer dans l’aboutissement de cette amnistie, M. Ben Bella affirme qu’il est déjà président d’une commission chargée de contacter les repentis de l’AIS pour en finir avec les problèmes auxquels ils ont été confrontés après la signature du pacte dans le cadre de la concorde civile. Comment expliquez-vous votre soutien au président Bouteflika, celui-là même qui avait été à l’origine de votre écartement du pouvoir ? «Non seulement il m’a écarté du pouvoir mais c’est lui qui m’a mis en prison sans que je ne sache jamais pour quelle raison», rectifie-t-il sur un ton ironique. Cependant, précise-t-il, «il ne sert à rien de cultiver des rancœurs au détriment de l’intérêt du pays». «Je ne soutiens pas Bouteflika mais plutôt le peuple algérien, et je suis persuadé que seul l’actuel Président peut remettre l’Algérie sur rails et apporter la stabilité tant espérée.» M. Ben Bella a refusé, lors de la rencontre d’hier, de revenir sur des faits historiques ayant marqué son passage au pouvoir. «Je ne suis pas là pour rouvrir les plaies […]. L’écriture de l’histoire est du ressort exclusif des historiens ; je n’ai été qu’un acteur», affirme-t-il. L’ancien président s’est limité à revenir sur le déclenchement de la révolution en affirmant que tous ceux qui ont été à l’origine du déclenchement de cette guerre étaient des militants du PPA. «Aucun militant FLN ne figurait parmi nous. La création du FLN était une simple manière de pallier les scissions qui commençaient à gagner du terrain […] Ce sont autant de raisons pour lesquelles il est temps de remettre le FLN au peuple», a conclu l’ancien président Ben Bella. S. H.
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