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RÉCONCILIATION NATIONALE ET AMNISTIE GÉNÉRALE
D'anciens « émirs » favorables
L'Expression,
28 décembre 2004 Après Abassi et les autres, nous apprenons qu'El-Para et Layada
seraient prêts à aider à la réussite du projet
présidentiel.
Abdelhak Layada,
ancien émir du GIA, extradé du Maroc
et condamné à mort par la justice algérienne, vient
de lancer un véritable pavé dans la mare en déclarant,
par le biais d'un communiqué signé sous la plume de son
fils Adlène, être « prêt à aider le
président Bouteflika dans sa démarche portant réconciliation
nationale et amnistie générale ». C'est, du moins,
ce que rapporte le journal Asharq Al Awsat, qui a obtenu copie de cette
lettre.
Détenu depuis 1993, n'ayant pas été exécuté puisque
les autorités algériennes ont décidé de suspendre
cette mesure même si elle reste en vigueur dans le code pénal,
Layada, qui dirigeait ce groupe sanguinaire avant qu'il ne dévie vers
les massacres de masse et les bombes, ne faisant aucune distinction entre les
passants, a même annoncé son intention d'adresser « une
lettre au président Bouteflika » dans laquelle il compte lui
apporter « officiellement son soutien », mais aussi les
moyens à mettre en oeuvre en vue d'amener les irréductibles,
toujours au maquis, à déposer les armes. Des sources sécuritaires
dignes de foi, qui estiment que le plan du président a toutes les chances
de réussir et d'instaurer définitivement la paix dans le pays,
nous informent que même « Abderrezak El-Para se serait montré prêt à intervenir
auprès de ses acolytes du Gspc en vue de les amener à accepter
de déposer les armes tant qu'il est encore temps ». Il est à signaler,
comme nous le rapportions dans de précédentes éditions,
que même le numéro un de l'ex-FIS, Abassi Madani, après
l'échec de sa propre initiative, a décidé lui aussi de
s'investir totalement en faveur de la démarche du président.
Il se serait même montré prêt à rentrer au pays en
vue d'être plus efficace dans ce choix politique. De nombreux anciens
cadres, dirigeants et élus du parti dissous n'en pensent pas moins même
s'ils restent prudents pour le moment, en attendant que Bouteflika abatte l'ensemble
de ses cartes et qu'ils sachent définitivement à quoi s'en tenir.
Il est également à rappeler, comme nous l'écrivions, citant
des sources proches de repentis récemment descendus des maquis encore
actifs dans le pays, que pas moins de 90 % des quelque 450 terroristes encore
actifs auraient déjà observé une trêve unilatérale
en attendant qu'aboutisse le projet du président afin de pouvoir en
bénéficier d'une façon ou d'une autre. Les irréductibles,
peu nombreux, ont déjà versé dans le banditisme le plus
pur, pillant par-ci, rackettant par-là, et ne défendant plus
aucun objectif politique. Il convient de relever que le projet du président
portant réconciliation nationale et amnistie nationale, qui doit être
soumis à une consultation populaire au début de l'année
prochaine, constitue l'aboutissement de plusieurs années de travail,
qui avait commencé en 1999 par la concorde civile, venue couronner la
trêve de l'AIS décrétée deux années auparavant
par l'ancienne branche armée de l'ex-FIS.
Ce plan a toutes les chances d'être un grand succès puisqu'il
jouit déjà d'une large approbation populaire, mais aussi du soutien
de l'écrasante majorité de la classe politique. Ceux qui ne le
soutiennent pas, à l'instar du PT ou du FFS, ne le contestent pas non
plus, se contentant, au contraire, pour l'un de généraliser la
chose vers plus de justice sociale et de droits sociaux, et pour l'autre de
conditionner son engagement à des préalables consistant, notamment, à lever
l'état d'urgence et à accorder plus de libertés individuelles
et collectives. L'entrée en scène de ces « émirs » ne
fait que conforter une démarche d'avance couronnée de succès
puisque les maquis encore actifs, vaincus politiquement et militairement, n'avaient
pas d'autre choix que de profiter de cette magnanimité venue à point
arrêter une violence aveugle et désormais sans but. Car, tout
Algérien qui meurt victime du terrorisme constitue incontestablement
un mort de trop...
Mohamed ABDOUN
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