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Invité à l’émission «Kanaat», Ksentini affirme :
Malgré la difficulté de «s’approcher de la réalité», le dossier des disparus trouvera son épilogue
Par Hasna Yacoub, La Tribune 30 août 2005
Encore une fois, le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), M. Farouk Ksentini a rappelé, hier, sur les ondes de la chaîne I de la Radio nationale où il était invité à participer à l’émission «Kanaat» (convictions), que le dossier des disparus est «douloureux et très complexe», assurant toutefois que cette question trouvera une solution dans le cadre du projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Un projet de Charte que le président de la CNCPPDH a soutenu, au lendemain de l’annonce de l’initiative présidentielle. Hier encore, il n’a pas manqué de qualifier de «nouveau projet de société» le projet de Charte affichant son «soutien et son adhésion totale» à la démarche du président Bouteflika. Sur la question des disparus, M. Ksentini avouera que la solution qui sera trouvée restera tout de même «loin de la réalité». Il dira que «les choses sont beaucoup plus complexes dans la question des disparus et il serait difficile de s’approcher de la réalité». C’est la raison pour laquelle, M. Ksentini demandera aux familles des disparus de «faire des concessions» et de «partager leur douleur avec le peuple». Seule manière, affirmera-t-il, de trouver une solution à cette problématique. Il insistera auprès des familles des disparus en tentant de les convaincre de «concéder une partie de leurs droits afin d’instaurer une véritable réconciliation nationale».
L’invité de l’émission «Convictions» ne manquera pas de rappeler les engagements du président de la République pour régler ce dossier et met en avant l’existence d’«une volonté politique pour parvenir à des résultats concrets». Il reconnaîtra cependant que «cela nécessite beaucoup de temps et de moyens». Alors que ses propositions ont été rejetées par la totalité des associations des disparus des deux bords (enlevés par les terroristes ou arrêtés par les forces de sécurité), le président de la commission des droits de l’Homme les a rappelées en insistant sur «le rapport détaillé [présenté] au président de la République sur la question des disparus». Des propositions, a-t-il indiqué, qui ont été faites, notamment pour la réhabilitation et l’indemnisation des familles des disparus. Au sujet du traitement de ce dossier justement, M. Ksentini a déclaré avoir rencontré près de 6 000 familles concernées, faisant état de «77% d’entre elles qui ont accepté d’être indemnisées». S’agissant du nombre des disparus, M. Ksentini a avancé le chiffre officiel de 6 646, précisant que les personnes qui ont été enlevées par des terroristes «sont comptées parmi les morts et non pas comme disparus». Cependant, M. Ksentini a rejeté ce qu’il a qualifié d’«allégations» de certaines organisations de familles de disparus selon lesquelles «des agents de l’Etat seraient impliqués dans des cas de disparitions», invitant ces familles à fournir des preuves concrètes attestant de la véracités de ces accusations. «Certes, l’Etat a une responsabilité civile au sujet des disparus, mais il faut faire la part des choses, car il y a de faux disparus», a ajouté M. Ksentini, qui a invité les familles concernées à faire confiance à la justice.
H.Y.
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