Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Bouteflika glorifie les auteurs de crimes contre l’humanité

L’ordonnance et les décrets que vient de promulguer le président A. Bouteflika violent la constitution du pays - élaborée par le pouvoir lui-même - et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie et ne visent pas moins qu’à :

• glorifier des auteurs de crimes contre l’humanité – imprescriptibles – et leur assurer l’impunité par une mesure d’amnistie absolue et inconditionnelle ;

• réduire le conflit algérien aux seuls faits du « terrorisme » et de « tragédie nationale » occultant ainsi l’identité des responsables des crimes d’Etat ;

• criminaliser tous ceux qui se sont opposés au coup d’Etat du 11 janvier 1992 et à la répression qui s’en est suivie ;

• exclure de ladite réconciliation une grande partie des victimes du drame, notamment les victimes de tortures, d’exécutions, de massacres et de détention arbitraire dans les camps de concentration ;

• réduire au silence et humilier les victimes de disparitions forcées ;

• punir les citoyens algériens qui entendent jouir de leurs droits constitutionnels que sont la liberté d’expression et le recours à la justice, et priver' certains d’entre eux de leurs droits civiques et politiques ;

Comme le démontrent les expériences vécues en Amérique du Sud, ces textes iniques seront tôt ou tard rattrapés par l’Histoire et rejetés par le peuple algérien. La paix et la réconciliation doivent être l´aboutissement de la résolution effective du conflit algérien, et ne peuvent en aucune manière faire l´impasse sur les impératifs de Vérité, de Mémoire et de Justice.

M. Bouteflika qui n’a pas participé au coup d’état de janvier 1992 aurait pu contribuer d’une façon décisive dans le dénouement de la crise. Il n’a malheureusement pas pu s’affranchir de la tutelle de ceux qui l’ont fait président et démontre clairement, à travers les' textes qu’il vient de signer, qu’il a préféré se ranger du côté des dictateurs et se rendre protecteur' et complice des auteurs de crimes contre l’humanité.

Il appartient aux Algériennes et aux Algériens jaloux de leur pays de tout mettre en œuvre pour faire cesser la tyrannie et ériger un Etat où régnera la justice, la liberté et la dignité, et qui sera géré par des dirigeants légitimes conformément aux aspirations populaires, et selon les règles de bonne gouvernance.

ٍSignataires :

- Dr. Abbas Aroua, directeur Institut Hoggar,

- Dr. Mourad Dhina, ex-responsable Bureau exécutif du FIS,

- Me. Rachid Mesli, avocat, président Justicia Universalis,

- Monsieur Mohamed Samraoui, ex-colonel DRS – armée algérienne,

- Monsieur Mohamed-Larbi Zitout, ex-diplomate algérien

8 mars 2006

 

Ordonnance portant mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale

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