Réconciliation nationale
Ali Benhadj demande à Bouteflika de prendre des décisions «révolutionnaires»

par A.S , Le Jeune Indépendant, 26 avril 2004


L'ex-numéro deux du FIS dissous, Ali Benhadj, a exhorté le président de la République à «prendre des positions révolutionnaires [...] avant qu'il ne soit trop tard et que les espoirs ne s'estampent», selon un communiqué de son frère Abdelhamid.

Selon ce dernier, l'ancien membre de la direction de l'ex-FIS, qui s'est confié à lui, continuera de demander qu'on le «rétablisse dans ses droits politiques et civiques» et réitère la même demande à propos du parti dissous. Ali Benhadj considère que le président de la République «n'a aucune excuse à se conformer à une quelconque ligne rouge secrète ou déclarée» et que, au contraire, il devrait «avoir le courage politique», citant en référence le président du Nigeria «qui a démissionné des généraux le jour où il prêtait le serment constitutionnel [...] et de la présidente indonésienne qui s'est séparée du chef de l'état-major de l'armée [...]».

La définition d'une réconciliation nationale «conforme à la réalité et aux constantes de la nation», selon Ali Benhadj, ne devrait pas prendre en considération les voix de la majorité «pour les mettre au service d'une minorité occidentalisée ou [au profit] des thèses pro-américaines qui incitent à [...] la révision du code de la famille et à la refonte du système éducatif et d'autres lois encore».

Dans le cadre de cette réconciliation, il est impératif, pour lui, «de tenir une conférence nationale, de libérer les détenus, de prendre en charge le dossier des disparus [...]» et tous les dossiers relatifs à la décennie noire, en insistant sur «la mise en place d'un ministère qui se chargerait, notamment, de prendre en charge toutes les victimes de la tragédie sans distinction».

Il convient de noter enfin que l'ex-n° 2 du FIS dissous «condamne la visite du président français [...] immédiatement après la dernière victoire électorale du président de la République», dont la légitimité n'avait point besoin de sponsor étranger, selon lui.

A. S.

 

 
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