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Les dirigeants du FIS dissous en rangs dispersés face à la charte Consensus sur la paix, divergences sur la charte !par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 26 septembre 2005 Les principaux dirigeants de l’intérieur et de l’extérieur du FIS dissous, ont considéré, dans diverses réactions publiques, que le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale n’était pas la solution «définitive et juste» attendue nationalement, qu’il était porteur de danger, puisqu’il «prolonge la guerre imposée au peuple» et que, par conséquent, la consultation référendaire du 29 septembre n’était pas d’une grande utilité. Dans un communiqué signé conjointement, MM. Kamel Guemmazi, Ali Djeddi et Abdelkader Boukhamkham revenaient sur l’origine de la crise pour affirmer que «l’arrêt du processus électoral en 1992 a été et restera une transgression à la légalité et à la démocratie» et que «nul ne pourra jamais absoudre la responsabilité de ceux qui ont accaparé le pouvoir par la force et introduit l’Algérie, alors sécurisée et sereine, dans l’engrenage du terrorisme et du contre-terrorisme…». Les signataires, qui représentent à l’intérieur du pays la tendance lourde de la mouvance FIS, considèrent par ailleurs qu’il est «du droit du peuple algérien de s’interroger sur les raisons qui les (les dirigeants du pays, NDLR) empêchent de fixer, même dans la charte, un délai à la sortie de crise et à la levée de l’état d’urgence». «Derrière le slogan de la paix et de la réconciliation nationale se profile le projet d’une charte qui déçoit les espoirs» car «préparée loin de tout dialogue avec les forces sociales et proposée sans débats» à la consultation référendaire. Le communiqué relève qu’en revanche la charte «accorde l’immunité à ceux qui craignent la vérité et la justice» mais «interdisait les symboles de l’opposition politique qui avait pu, pour la première fois, vaincre politiquement le pouvoir». «Si pour sortir de la crise qui lui a été imposée le peuple algérien avait effectivement besoin de concessions de la part des chouyoukhs du Front islamique du salut, ils se désisteraient de leur droit à l’activité politique de gaieté de cœur», assurent les trois signataires. Cependant, à leurs yeux, tel n’était pas le cas. Dans leur analyse, ils concluent que la charte a plutôt retenu la politique de «l’exclusion» et qu’elle «barre la route à l’apparition de la vérité et à la réalisation d’une réconciliation juste, rassembleuse». Dans ce projet «il n y a d’acceptable pour toi que les mesures juridiques qui, certes, allégeront les contraintes imposées à certains des tiens mais qui malheureusement s’avèrent insuffisantes», déclarent les trois signataires s’adressant directement au peuple. «La participation au scrutin du 29 septembre te place devant deux choix, le plus doux d’entre eux étant amer», déclare le communiqué face au casse-tête de la charte, avant d’affirmer que : «le boycott c’est la position qui disculpe ta conscience». Cependant, «nous savons que depuis que tu as choisi le changement, tu n’es pas à l’abri de la traque sécuritaire et sociale, aussi, nous ne souhaitons pas t’accabler plus», et «nous resterons, avec la permission de Dieu, avec toi pour la revendication de la paix et de la réconciliation nationale basées sur le droit, l’équité et la liberté». Mourad Dhina, consacré première personnalité de l’ex-FIS à l’extérieur par le dernier congrès du parti, estime, lui aussi, que «ce qui se déroule aujourd’hui en Algérie ne peut prétendre être au niveau des aspirations du peuple pour une solution définitive et juste à la crise politique» et que la charte, jugeait-il, «constitue un projet dangereux pour l’avenir de l’Algérie». Cependant, dans son communiqué publié à l’issu de contacts infructueux avec un émissaire officiel, il considérait que «la porte du débat et de la discussion doit rester ouverte», et affirmait qu’il «restait prêt à œuvrer pour la paix, la sécurité, la résolution du conflit et la véritable réconciliation dans notre pays déchiré». De l’étranger toujours, quatre autres personnalités du parti dissous, MM. Anwar Haddam, Ahmed Zaoui, Marzouk Khenchli et Rachid Ziani Cherif, se sont exprimées publiquement sur la charte, déplorant le report «une fois encore» de la solution globale qui «reste pourtant incontournable». Comme les autres dirigeants du FIS, ils proclament, dans leur communiqué, leur engagement «sans la moindre hésitation à poursuivre notre œuvre jusqu’à ce que le processus de réconciliation nationale réussisse à surmonter les dangers « et parvienne à «la réalisation effective d’une réconciliation nationale historique» qui mette fin, à jamais, à la «dangereuse consumation interne». Plusieurs autres dirigeants de l’ancien Front, à l’image de M. Rabah Kébir, ont décidé d’appuyer la démarche du Président et appelé à voter oui, même s’ils avouent désapprouver la philosophie d’une charte qui les excluent du champ politique national. Chez les «militaires» islamistes, les mêmes divergences sont perceptibles, y compris dans l’AIS, où l’appui sans réserve de Madani Mezrag au projet de la charte est remis en cause par Abdellah Benaoum, (anciennement chargé de l’information et des affaires politiques de l’AIS), alors que Ali Benhdjar, l’émir de la ligue de Médéa, n’hésitait pas à affirmer que l’audience de Mezrag au sein de la mouvance FIS était quasi nulle et qu’il ne représentait même pas l’AIS. M. Z. |
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