AMNISTIE GENERALE

La CNEC se lance en campagne

 Le Quotidien d'Oran 14 décembre 2004

L'idée de l'amnistie, même si elle demeure vague, s'est déjà trouvée en la coordination des fils de chouhada, la CNEC, un instrument de sensibilisation. Le président de cette coordination, M. Khaled Bounedjma, a tenu à l'annoncer hier, non sans fierté, lors d'une conférence de presse.

Les résultats de la concorde civile, palpables dans le reflux des actions terroristes, l'appui apporté au programme du président Bouteflika, suffisent à bâtir ce qui tient d'argumentation en faveur du choix de se lancer prématurément dans la campagne.

Celle-ci aurait débuté à Sidi Bel-Abbès, et devra se poursuivre pour s'étendre à l'ensemble du territoire national, selon le président de la CNEC, qui animera ce jeudi un meeting dans la localité de Ammi Moussa dans la wilaya de Relizane. Le choix du lieu se veut symbolique, puisque la région a été durement touchée par le terrorisme qui a semé la terreur en perpétrant notamment le carnage de Had Chekala.

Khaled Bounedjma affirme vouloir être réceptif aux doléances des familles des victimes du terrorisme pour les transmettre aux autorités compétentes, et préparer ainsi le terrain à la réussite de l'amnistie qui passe par l'effacement des ressentiments. Le conférencier situe dans une évolution logique des événements que ce projet d'amnistie, dès lors que la population «s'est positionnée en faveur de la concorde civile par le procédé du référendum et a renouvelé sa confiance au président de la République en le réélisant pour un second mandat».

Celle logique dicte, selon l'orateur, à la classe politique et à la société civile de donner corps au nouveau projet politique du chef de l'Etat sur le terrain.

Louant les actions de Bouteflika à la tête de l'Etat, Khaled Bounedjma s'étalera sur les changements palpables obtenus ces dernières années et ne manquera pas de saluer la dernière décision du gouvernement de confier la prérogative de distribution des logements sociaux aux chefs de daïras.

La CNEC, rappellera-t-il, n'a cessé d'alerter le gouvernement sur l'anomalie de la non-distribution de dizaines de milliers de logements finis, alors que la demande est pressante.

Pour le président de la CNEC, le peuple n'a pas d'autre choix que d'aller vers l'amnistie générale, estimant qu'il s'agit d'une affaire sérieuse qui implique tous les Algériens. Elle viendrait ainsi couronner le processus de concorde civile qui a le mérite, selon lui, de faire taire 200.000 «mahchoucha». S'exprimant sur la fin de la légitimité comme critère d'accession au pouvoir, Bounedjma pense qu'elle concerne essentiellement les partis politiques activant sous le couvert de l'histoire, dans une allusion claire au FLN qui «a rassemblé hier les Algériens» mais ne peut «les diviser aujourd'hui».

Omar S.

 

   
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