APRÈS LA DECOUVERTE DE SEPT AUTRES CADAVRES AU CHARNIER DE LARBAA

Les recherches se poursuivront encore pendant dix jours

Le Soir d'Algérie, 3 août 2004

Les travaux risquent de durer plus longtemps que prévu, au moins une dizaine de jours, car le nombre des cadavres exhumés a dépassé celui préconisé par l’indicateur. Aussi, d’autres tombes ont été retrouvées à quelques mètres du charnier. «C’est un véritable cimetière, il faut vérifier tout le périmètre», avait déclaré samedi dernier le procureur adjoint près la cour de Blida M. Benimam qui supervisait l’opération déclenchée jeudi dernier sur indications d’un repenti du GIA incarcéré à la prison de Blida.
Les équipes de la Protection civile et des militaires avaient entamé des recherches dans le lieu-dit Talmout de la région de Aïssaouia distante de 34 km de Larbaâ. Ces investigations avaient été conduites pour la découverte d’un charnier où les cadavres de plus d’une quinzaine de personnes (seize jusqu’à hier) ont été dissimulés. L’emplacement de ce charnier dans une zone très difficile d’accès constituait avec Bougara, Hammam Melouane et Megtaâ Lazreg le fief de prédilection de la katiba El Khadra, l’une des unités les plus sanglantes du GIA qui sévissait dans la région dans les années 1990. Les crimes commis par ce groupe de sanguinaires dont faisait partie le repenti indicateur sont multiples. Il a avoué avoir participé au meurtre des quinze personnes dont les ossements se trouvaient dans ce charnier. Le premier jour de recherches avait permis aux éléments de la Protection civile de Bougara, assistés des militaires de la 1re Région d’exhumer les ossements de trois personnes, le deuxième jour celui de six autres et la reprise des recherches pour la journée de samedi a permis de déterrer encore sept corps dans le même état c'est-à-dire poings et pieds liés avec du fil de fer. Les traces des sévices des assassins étaient forts remarquées sur certains cadavres et des tenues militaires retrouvées, renseignaient également sur l’identité des personnes assassinées. Concernant les sept derniers corps, trois d’entre eux ont été retrouvés dans la même tombe alors que les quatre autres ont été retrouvés dans des tombes différentes, ce qui a incité à poursuivre les recherches pour une dizaine de jours. «Le nombre de cadavres risque de s’élever pour dépasser la vingtaine», selon les premières prévisions. Cependant et après la découverte de ce charnier, les voix des ONG se sont élevées pour réclamer des enquêtes sur «les fosses communes en Algérie» notamment Amnesty International qui a appelé à une «enquête exhaustive sur les nouvelles fosses découvertes à Larbaâ» en exigeant des mesures afin de préserver les preuves sur le site qui permettront l’identification des victimes. Par ailleurs, cette découverte coïncide avec l’installation des centres d’analyses d’ADN et l’appel lancé par Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale de la promotion des droits de l’homme à l’occasion du forum d’ El Moudjahid où il a sollicité la collaboration de ces centres pour identifier les enterrés sous X. Me Farouk Ksentini avait confirmé aussi l’information faisant état d’une prise de langue avec des terroristes repentis de la région de Bentalha et de Beni-Messous afin qu’ils puissent indiquer les lieux d’autres charniers.
Ilhem Tir

 

 
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