L’Algérie présente à Genève son dispositif global de promotion et de protection des droits de l’homme

APS, 5 mai 2008

Le Comité contre la torture (CAT) de l’ONU poursuit lundi à Genève sa 40ème session consacrée à l’examen de la situation des droits de l'homme dans plusieurs pays dont l’Algérie.
Le CAT, créé en 1987, au moment de l'entrée en vigueur de la Convention, pour suivre sa mise en oeuvre par les Etats parties et les aider à en appliquer les dispositions, avait entamé sa 40ème session en avril dernier, consacrée à l’examen des rapports de l’Algérie, de l’Australie, de la Suède, de l’Islande, de l’Indonésie, de la Zambie et de la Macédoine.
Les 10 experts indépendants du CAT, qui se réunit tous les deux ans, consacreront lundi après-midi une séance à la situation des droits de l’homme en Algérie qui avait auparavant présenté un rapport consolidé.
Lors d’une première séance, le 2 mai dernier, les experts du CAT avaient posé à la délégation algérienne, conduite par l’ambassadeur Idriss Jazairy, représentant permanent de l’Algérie à l’ONU (Genève), de nombreuses questions sur son programme, ses dispositifs, notamment juridique, et ses actions en matière de promotion et de protection des droits de l’homme.
Le fait saillant est que les questions du CAT ne se sont nullement focalisées sur un seul thème, notamment la question de la torture que l’Algérie considère comme une pratique "abjecte et intolérable" du fait qu’elle en fût durant la colonisation, mais sur un ensemble élargi de volets allant de la garde à vue aux droits de l’enfance et de la femme.
Selon nombre d’observateurs, la diversité des questions du CAT dénote que la communauté internationale a pris acte de la normalisation en Algérie de la situation des droits de l’homme ainsi que reconnue par la cinquantaine de pays qui, à la mi-avril, avaient participé à l’examen périodique universel (EPU, UPR en anglais) du Conseil des Nations unies des droits de l’homme, à Genève. L’écrasante majorité des pays avait souligné "les grandes avancées" de l’Algérie en la matière.
Les observateurs ont toutefois déploré que l’un des membres du CAT, une experte de nationalité marocaine, "ait transgressé ses prérogatives en tentant, en donneuse de leçons, de faire valoir la situation des droits de l’homme au Maroc, d’en vouloir exporter le présumé modèle", dans une séance pourtant consacrée à l’Algérie.
Les autres experts, notamment américain, sénégalais, chinois, norvégien ou encore espagnol, se sont appliqués à poser des questions précises visant particulièrement à prendre connaissance de la législation algérienne et du système de formation, en matière de droits de l’homme, en cours en Algérie.
La majorité des réponses à ces questions compose le rapport consolidé présenté par l’Algérie qui a expliqué que "le choix de la société algérienne en faveur de l’élargissement de l’espace des libertés est irréversible", et assuré que "l’Etat algérien accompagne et matérialise cette dynamique en incorporant, dans sa législation interne, les traités internationaux". L’Algérie est signataire de 7 traités internationaux.
Aujourd’hui, l’Algérie "a mis en échec le terrorisme", grâce "à la mobilisation citoyenne et à l’engagement des institutions républicaines chargées de l’ordre et de la sécurité" et "l’Etat algérien a utilisé toutes les ressources légales pour lutter contre le terrorisme et qu’il a placé le droit à la vie au-dessus de toute autre considération", a souligné la délégation algérienne lors de la première du 2 mai dernier.
Elle a aussi expliqué la raison stratégique de l’adhésion populaire massive pour la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui, tenant compte de la spécificité nationale "qui diffère des scénarii de sortie de crise" entrepris par d’autres pays, est "une démarche globale" proposant "d’apporter des réponses humaines, légales et sociales aux conséquences de la tragédie nationale et à toutes les victimes sans distinction", et permettant dans sa logique de paix et de pardon "à des milliers de jeunes sans repères, trompés, abusés et nourris de ressentiments, de revenir au droit chemin".
Concernant cette charte "génératrice de justice et de stabilité, incontournable pour tout processus de reconstruction nationale, ainsi que diverses, relatives notamment à l’état d’urgence, les gardes à vue, les visites en Algérie d’associatifs des droits de l’homme, les systèmes de protection de l’enfance et de la femme, entre autres axes, tels que la peine de mort, la délégation algérienne apportera cette fin d’après-midi les réponses aux interrogations du CAT, dans une démarche de balisée de transparence.

 
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Autour de l’Examen du rapport périodique par le Comité contre la torture

 
www.algeria-watch.org