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DES
DIRIGEANTS DE L’EX-FIS AU SUJET DES REDDITIONS
«
Grande campagne pour petites trêves»
L'Expression,
29 avril 2004
Le Gspc a nié catégoriquement tout compromis avec les autorités.
Des membres de la direction algéroise de l’ex-FIS ont qualifié les
redditions annoncées en grande pompe depuis plusieurs jours de «parfaite
amplification médiatique aux visées politiques évidentes». «On
entend parler de trêve et de redditions comme tout le monde, on
regarde avec étonnement les chiffres importants annoncés ça
et là, mais on n’est pas sûr que cela soit vérifiable.
De toutes les façons, on peut faire des décomptes optimistes,
mais sur le terrain, il faut le dire, les choses sont tout autre.»
Au moins deux leaders de la direction de l’ex-FIS estiment que
la presse a usé d’une grande dépense d’énergie
pour amplifier et créer une situation très en deçà de
la réalité. «Il se peut que des poches de groupes
armés soient tentées par le dépôt des armes,
mais la direction de l’organisation dément tout contact
avec les autorités.»
Alors, dépités de ne pas être parmi les émissaires
de cette négociation qui risque de vous mettre sur le côté de
la route de la réconciliation? «Non, non, on aurait été ravi
de voir tous les groupes armés regagner la table des négociations,
et nous permettre, ainsi, de parler de réconciliation nationale
sans avoir à justifier la violence armée, mais tel n’est
pas le cas. Le commandement de l’armée lui-même dément
tout contact avec les groupes armés. Après lui, la direction
du Gspc, d’après ce qu’on a entendu, dément
tout compromis avec les autorités. Donc, il se peut qu’il
y ait un mouvement restreint et personnalisé de trêvistes,
et qui ne peut avoir aucune incidence sur le terrain.»
Cette réticence affichée par la direction de l’ex-FIS
remet en question le nombre quasi irréaliste des «trêvistes» annoncé et
répercuté par les agences et les médias internationaux.
D’ailleurs, en pleine effervescence de l’effet d’annonce,
le Gspc apporte un premier démenti à la négociation:
quatre gardes communaux sont assassinés à Kerkara, dans
la région de Skikda, c’est-à-dire là même
où était annoncé un important mouvement de reddition.
Mieux, si l’on se réfère aux anciens communiqués
du Gspc (ex-n°03/22, signé par Abou Hamza Hassan Hattab) l’on
constate que la trêve «n’est pas et ne sera pas à l’ordre
du jour».
«
Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat attire l’attention
des moudjahidine sur la véracité de tels procédés
de manipulation (rumeurs concernant la trêve, Ndlr) et les appelle à se
détourner de toute décision qui n’émane pas
de la direction de la djamaâ», dit en substance le communiqué.
Les maquis de la Kabylie, qui constituent, en fait, la véritable
force de frappe du Gspc, semblent se tenir loin des bruits de ladite
reddition.
En réalité, il semble tout à fait étonnant
de parler de la trêve d’une organisation qui affiche son
allégeance à Al Qaîda, qui investit le Mali, le Niger
et le Tchad, et qui achète, pour renforcer ses maquis du Nord
algérien, un véritable arsenal de guerre dans les pays
de la bande du Sahel.
On pourrait penser logiquement à un «nouveau placement» de
l’état-major de l’armée aux fins d’appuyer
la réconciliation nationale prônée par le président
de la République, mais là aussi, les fils ne tiennent pas
: l’institution militaire ne confirme pas ces négociations
en cascade, et qui, au maximum, peuvent concerner des groupes amoindris,
affaiblis et éloignés de leur direction.
Fayçal OUKACI
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