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BOUKHAMKHAM À L’EXPRESSION «L’amnistie doit précéder la réconciliation nationale» L'Expression, 07 novembre 2004 Le concept de réconciliation nationale commence à faire
son chemin sur la scène politique nationale. Alors que, lors du
contrat dit de Rome, les boucliers se sont levés et des manifestations
ont été déclenchées un peu partout pour descendre
en flammes, non seulement le contrat, mais l’idée même
de la réconciliation. Il a fallu attendre les avancées
faites doucement en la matière, par touches successives et qu’en
fait, le projet mûrisse. Récemment, le chef de l’Etat
lui-même a surpris son monde en allant encore plus loin en évoquant
la possibilité de soumettre à référendum
l’amnistie générale. A ce titre, on a essayé d’avoir
le point de vue des anciens cadres du parti dissous. Approché,
M.Boukhamkham commence par préciser qu’il ne peut dire que
ce qu’il pense en tant que simple citoyen: «La tendance étant
interdite d’expression politique, du fait de la dissolution du
parti par la justice». Donc, pour M.Boukhamkham, «cette idée
généreuse mérite que l’on s’y arrête
longuement et que l’on explique davantage ses tenants et aboutissants».
M.Boukhamkham rappelle les promesses du président de la République
lors de la campagne électorale, et déclare: «Le peuple,
qui l’a élu avec une confortable majorité, lui a
donné un chèque en blanc pour ramener la paix.» Puis,
M.Boukhamkham d’ajouter: «Qui donc n’est pas pour le
retour de la paix et de la sérénité? Ce n’est
qu’après cela, qu’on peut se consacrer au développement
du pays. D’ores et déjà, il y a lieu de renforcer
les droits de l’Homme et de se consacrer à l’ouverture
du champ politique.» Puis, de revenir sur l’idée du
chef de l’Etat en souhaitant que «ce dernier saura, et il
en a les moyens, faire face aux pressions qui ne manqueront pas de se
faire jour». A propos des fameuses lignes rouges à ne pas
dépasser, M.Boukhamkham dira que «seul le peuple est en
mesure de les tracer, et le peuple a donné large mandat au président
Bouteflika». M.Boukhamkham revient ensuite longuement sur l’amnistie
générale sans dessiner les contours réels que cela
pourrait prendre. M.Boukhamkham précise: «La réconciliation
nationale ne peut être que le fruit de l’amnistie générale.
Il appartient au chef de l’Etat de prendre les mesures en ce sens.» Notre
interlocuteur rappelle que «le coup d’Etat du 11 janvier
1992 a tiré le pays en arrière, d’au moins 50 ans».
Questionné à propos de l’éventualité d’un
retour de son ex-formation politique dissoute par décision de
justice, M.Boukhamkham dira: «L’essentiel, la priorité des
priorités reste le retour de la paix. Une fois la sérénité rétablie,
autre chose peut se faire doucement.» M.Boukhamkham semble prudent
et ne veut, pour l’instant, pas tirer des plans sur la comète.
Il se contente de revenir sur la nécessaire construction de la
paix, acte premier de la démocratie. A. SAÏD
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