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Farouk Ksentini à propos du bilan de la charte pour la paix et la réconciliation nationale : Plus de 200 personnes ont été autorisées à regagner le payspar Naïma B., Le Jeune Indépendant, 3 janvier 2007 Après la suspension définitive des poursuites pénales à leur encontre, plus de 200 personnes ont été autorisées à regagner le pays dans le cadre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. 8 000 cas des victimes de la tragédie nationale ont été réglés et 2 200 personnes libérées, depuis l’entrée en vigueur des dispositions de la charte. Ce bilan a été communiqué, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, par Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH). L’invité de la Chaîne III, qui a qualifié ce processus «d’attitude originale de l’Etat et d’une démarche légale et conforme à la loi», a également abordé plusieurs aspects relatifs à l’application des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Concernant d’anciens responsables politiques «graciés» dans le cadre de cette politique, M. Ksentini a déclaré qu’«on ne peut pas interdire à un Algérien de s’exprimer, mais on peut l’empêcher de se livrer à une activité politique. Ainsi, leurs déclarations politiques relèvent d’un avis personnel». En outre, le président de la CNCPPDH a qualifié les revendications des personnes, qui se considèrent être les oubliées de la charte, de «légitimes». «Ces personnes qui ont été déportées administrativement dans le sud du pays entre 1992 et 1994, puis libérées sans avoir été jugées, ont subi des préjudices physiques, moraux et matériels», a affirmé Ksentini. La prise en charge de cette catégorie – qui a été estimée entre 15 000 et 18 000 personnes – devrait aboutir, car la philosophie de la charte est de satisfaire les revendications des victimes de la tragédie nationale. Tout en estimant que le terrorisme est voué à une disparition définitive, il a réitéré l’appel aux personnes concernées pour déposer les armes car, dit-il, «l’Etat a démontré qu’il a appliqué à la lettre et généreusement tous les engagements qu’il avait pris». Le dossier des disparus a également été abordé par M. Ksentini. Estimant que le chiffre donné par la Gendarmerie nationale – plus de 7 000 personnes – est «fiable», il a déclaré en outre que «dire la vérité est quasiment impossible. Il n’y a pas d’archives ni de fiables témoignages, nous ne savons pratiquement rien sur les cas de disparition». Tout en souhaitant que la vérité soit dite sur ce sujet, le militant des droits de l’homme a affirmé qu’«on ne peut pas demander à l’Etat plus de choses que celui-ci ne peut faire». Dans le même sillage et selon toujours maître Ksentini, les déclarations se font sur dénonciation des familles, pour que la requête soit vérifiée, il aurait fallu, soit un cadavre, soit la personne qui signale le disparu. Par ailleurs, le président de la CNCPPDH a fait part de réapparitions de personnes déclarées disparues, sans que leur retour soient signalés par les familles. A noter, enfin, que le rapport annuel de la commission sur la situation des droits de l’homme en Algérie est prêt pour être remis au président de la République, après sa validation par les membres de la commission. N. B. |
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