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ALI YAHIA ABDENOUR FUSTIGE FAROUK KSENTINI
“
Les masques sont tombés”
Le
Soir d'Algérie, 4 aout 2004 Y a-t-il une volonté politique pour clore le dossier des disparus
en achetant pour un million de dinars aux ayants droit leur silence et
leur renonciation à demander justice et vérité ?
Ce dossier refait surface une fois encore, les déclarations “officielles” se
multiplient sans trouver d’écho chez les familles des disparus écartées
de toutes les investigations de la commission ad hoc et déterminées
plus que jamais à poursuivre leurs démarches et à refuser “les
réparations matérielles”, offertes par Me Farouk
Ksentini.
Suite aux dernières déclarations faites par le président
de la Commission nationale de la promotion des droits de l’homme
Farouk Ksentini, lors du forum d’ El Moudjahid concernant le traitement
envisagé aux dossiers des disparus, la mission accomplie de la
commission ad hoc ainsi que la récente découverte du charnier
de Larbaâ, le président de la Ligue algérienne pour
la défense des droits de l’homme LADDH, Me Ali Yahia Abdenour,
a animé hier matin une conférence de presse afin de dénoncer “la
démarche politique qui consiste à effacer les violations
massives des droits de l‘homme” et demander à Me Ksentini
de ne plus parler au nom des droits de l’homme car il serait, selon
le conférencier, “le représentant personnel du président
Bouteflika et du pouvoir”. “Les propos tenus récemment
au forum d’ El Moudjahid sont contraires à l’éthique
de juriste et en contradiction avec la philosophie des droits de l’homme”,
a estimé le président de la LADDH tout en accusant Ksentini
d’être “un capitaine d’avant-garde qui a franchi
la barrière et a gardé jusqu’à présent
un visage couvert, mais les masques sont tombés maintenant”.
S’agissant de la commission ad hoc installée le 30 septembre
2003 sur les disparus, ses objectifs publiquement déclarés
se résument à “recenser les disparus, localiser leurs
cadavres et indemniser leurs ayants droit” et concrètement
les démarches entreprises jusqu’à maintenant selon
la déclaration de la ligue “ s’apparentent plus à des
manœuvres dilatoires tendant à protéger les hauts
dignitaires du régime qu’à répondre au besoin
de vérité et de justice du citoyen”. La rencontre
avec la presse a été une occasion pour s’interroger
sur tout ce qui s e passe depuis 1988 et les multiples violations enregistrées. “La
LADDH est le seul représentant, le reste n’est qu’une
photo-copie”, a souligné Me Ali Yahia Abdenour avant de
s’attaquer à l’autre point phare de cette conférence,
celui de la découverte du charnier de Larbaâ. Le président
de la ligue n’a pas manqué d’attirer l’attention
en invoquant l’indicateur présumé . “C’est
un repenti qui a parlé, mais d’où il sort ? Pourquoi
les recherches n’ont pas eu lieu lorsqu’on a découvert
les 12 charniers précédents et surtout celui de Relizane
alors que nous avions toutes les informations sur l’endroit précis
?”, s’est-il interrogé avant de susciter un autre
débat, celui de l’existence des camps de concentration au
Sud qui restent jusqu’à présent des suppositions
en l’absence de preuves matérielles et sur lesquelles l’Etat
devrait s’exprimer. Enfin, et face à toute cette agitation,
la LADDH réitère sa demande de mettre fin à l’impunité, à identifier
les auteurs et à les juger pour empêcher de futures violations.
Elle dénonce aussi les comportements de ceux qui s’attellent
sans talent à instrumentaliser les droits de l’homme.
Ilhem Tir
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