MAITRE ALI YAHIA ABDENNOUR

“Pas d’amnistie sans vérité et justice”

Le Soir d'Algérie, 2 janvier 2005

“La politique de l’amnistie générale ne peut réussir sans que les conditions de son application, à savoir la vérité et la justice, soient créées.” C’est ce qu’a déclaré le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Me Ali Yahia Abdennour. Dans une conférence de presse tenue jeudi au siège de la LADDH, Me Ali Yahia Abdennour s’est dit pour l’amnistie générale mais “pas avant l’instauration de la paix”. Selon lui “toute personne doit répondre de ses actes. Il ne faut pas qu’il y ait l’impunité. Il faut que la vérité sur les faits soit connue, que justice soit rendue pour pouvoir parler d’amnistie”, dira-t-il à ce propos. Citant comme exemple le référendum sur la concorde civile qui “n’a pas réglé les problèmes de violence”, le conférencier a considéré qu’“un référendum n’est valable que s’il est organisé par des démocrates et pour des objectifs démocratiques”. Evoquant la liberté de la presse, Me Ali Yahia Abdennour a estimé que “l’année 2005 sera très difficile sur le plan des libertés” tant que “l’état d’urgence n’est pas levé”. “Cette levée conditionne la liberté du champ politique et médiatique”, a-t-il insisté tout en appelant à “des actions (d’envergure) pour que la liberté d’informer pour les journalistes soit garantie”. Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) mettra en garde contre le danger qui guette le métier de journaliste en Algérie, en l’occurrence “l’autocensure”. Par ailleurs, abordant la condition de la femme, Me Yahia Abdennour a précisé que les problèmes du tutorat et de la polygamie sont en fait de “faux problèmes” dans la mesure où “ces deux questions ne se posent pas en Algérie”. Selon lui “l’Algérienne a le droit de partager sa vie avec un homme en toute liberté avec le consentement des parents”. Idem pour la question de la polygamie qui, elle aussi, ne se pose pas puisque, dira-t-il, “aucun chef islamiste n’est bigame”.

Lotfi Mérad

   
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