Aucune reddition à Bouira ni à Chlef

El Watan, 2 mai 2004

Une conclusion s’impose après l’enquête menée tous azimuts sur les redditions de ces derniers temps : depuis le mois de juin dernier, aucune reddition n’a été enregistrée dans la wilaya de Bouira.

Les rumeurs qui ont circulé ici et là sur de prétendues redditions n’ont pas résisté à un examen sérieux. Ainsi, à propos des fameux camps de toile érigés pour «soi-disant accueillir des repentis», il s’avère que les tentes dressées au sud de Kadiria, abritent non pas des terroristes ayant déposé les armes, mais des militaires engagés jour et nuit dans des opérations de ratissage. «Ce qu’on a pris pour une tente abritant des repentis est en fait une tente sanitaire avec son fanion frappé du Croissant-Rouge», raconte un
témoin oculaire. «La méprise a été telle que des familles de terroristes se sont déplacées sur les lieux pour vérifier les faits et s’informer au sujet de leurs fils faisant partie de groupes terroristes encore actifs. La déception a été à la mesure de leur mépris»,
poursuit notre témoin.Selon lui, la dernière reddition en date remonte à juin 2003. Le repenti qui s'est livré aux services militaires de Lakhdaria était un certain Mansouri. Quant aux drapeaux blancs qui pavoiseraient les forêts de Hammam Ksenna, de Souk El Khemis et de Zbarbar et qui annonceraient de futures redditions, nos sources sont formelles : tous les ratissages effectués dans ces lieux boisés n’ont permis d’en apercevoir qu’un seul. Par conséquent, de l’avis de nombre d’observateurs, toutes ces rumeurs qui font état de redditions massives ne tendent qu’à installer le relâchement parmi les éléments de l’ANP qui mènent un combat sans merci contre le terrorisme. Ils en veulent pour preuve les attentats meurtriers dont les services de sécurité sont partout la cible des terroristes. Par ailleurs, les informations faisant état de reddition dans les rangs des terroristes opérant encore dans les maquis de la région sont dénuées de tout fondement si l’on croit des sources dignes de foi. Les mêmes indications nous ont été également fournies par des habitants des régions situées dans les zones montagneuses, telles que Beni Bouattab et Oued Romane, au sud et au nord de la wilaya de Chlef. «A ce jour, nous n’avons vu ni campements ni drapeaux blancs de terroristes s’apprêtant, semble-t-il, à se rendre aux services de sécurité», nous ont déclaré les mêmes sources. Rappelons que ces maquis ont connu après la concorde civile une recrudescence de la violence terroriste qui s’est soldée par l’assassinat de par moins de 300 civils de 2002 au
début 2003.

Par A. D. et A. Y.

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Fébrilité à Seraïdi

Selon des sources dignes de foi, plusieurs dizaines de terroristes, une centaine selon les uns, beaucoup plus selon les autres, accompagnés de femmes et d'enfants se seraient rendus hier avec armes et bagages à la brigade de gendarmerie de Seraïdi.

Interrogés, plusieurs habitants de la commune de Seraïdi ont affirmé avoir effectivement vu des individus armés et accompagnés de ce qui seraient leurs familles emprunter la route Annaba-Seraïdi. Les mêmes sources ont précisé avoir constaté que certains de ces individus brandissaient des drapeaux blancs. D'autres habitants, originaires de la localité de Aïn Barbar qu'ils avaient désertée à la suite des menaces de mort du groupe de terroristes écumant les monts de l'Edough, ont déclaré avoir identifié les individus armés qui les avaient rackettés. Du côté des services de sécurité que nous avons tenté de contacter pour de plus amples détails, l'on s'est limité à déclarer que la même information leur est parvenue sans pour autant l'infirmer ou la confirmer. Certains faits, tels la rumeur ayant circulé depuis plusieurs jours sur la place publique quant à des négociations entamées par Mebrek, l'émir, pour la reddition de son groupe armé, le renforcement des contrôles de sécurité sur les hauteurs de Seraïdi, les nombreux déplacements d'officiers supérieurs de l'ANP dans la zone, pourraient confirmer que ces négociations sur les conditions de cette reddition avaient été entamées au lendemain de la réélection d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République. Rappelons que Aïn Barbar, Berrahal, Oued El Aneb, Oued Rich, Chetaïbi, des localités et communes de la wilaya d’Annaba, avaient vécu durant plusieurs années dans la crainte des attaques et incursions sanglantes de ce groupe de terroristes dont le nombre avait été estimé à une vingtaine d'individus.

Par A. Djabali

 

 
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