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ASSOCIATIONS DES VICTIMES DU TERRORISME
Autres
temps, autres moeurs
L'Expression,
27 avril 2004
Même si son contenu n’a pas été, à ce
jour, élucidé de façon claire, la politique de la
réconciliation nationale que le président de la République
en a fait l’épine dorsale de sa politique et entend mettre
en oeuvre dans un proche avenir, sera-t-elle approuvée par les
associations des victimes du terrorisme? Tout porte, en tout cas, à le
croire dans la mesure où certains responsables d’organisations,
entre autres, Fatma Zohra Flici, présidente de l’Onvt, ont
publiquement apporté leur soutien au chef de l’Etat.
Nées dans les années 90, époque où la terreur
islamiste était à son paroxysme, les associations chargées
de la défense des victimes du terrorisme, s’étaient,
jusqu’à l’élection d’Abdelaziz Bouteflika à la
tête de l’Etat en avril 1999, opposées rigoureusement à toute
politique visant le pardon et la réconciliation envers les groupes
terroristes.
L’on se rappelle à ce titre, de la colère qui s’est
emparée de ces entités, lorsqu’en 1995, l’ancien
président Liamine Zeroual avait décrété la
loi de la rahma, un dispositif juridique ayant pour but d’amnistier
les membres des organisations terroristes non impliqués dans les
actes criminels. Indignées, les familles des victimes du terrorisme
avaient, se rappelle-t-on, fait bloc pour faire échouer cette
démarche.
Idem concernant le projet de loi portant sur la tragédie nationale
présenté en 1998, quelques mois avant l’élection
présidentielle, par le Premier ministre de l’époque,
Ahmed Ouyahia, qui avait alors suscité une grande indignation
de la part des victimes du terrorisme qui se sont mobilisées pour
mettre un terme à ce qu’ils ont qualifié de «mépris à la
mémoire des victimes».
L’arrivée au pouvoir de Bouteflika en 1999, à laquelle
d’ailleurs nombre de ces structures se sont farouchement opposées,
a changé diamétralement la donne politique, notamment après
la promulgation de la loi sur la concorde civile.
Une décision qui a sonné le glas à certaines associations
qui, après le plébiscite populaire du référendum
de cette loi en 2000, ne savaient plus sur quel pieddanser. Le discours
réconciliateur du président, revigoré par la prolongation
de la concorde civile et la grâce amnistiante décidée
au profit de certains terroristes, a créé une confusion
dans l’attitude à prendre vis-à-vis de cette politique.
Chemin faisant, la réélection, le 8 avril dernier, de Bouteflika
pour un deuxième mandat à la tête de la magistrature
suprême, permettra, à proprement parler, de tirer au clair,
une fois pour toutes, la position politique de ces associations qualifiées
par certains observateurs de «relais du pouvoir».
Sur le terrain, l’opposition et le militantisme d’autrefois
a laissé place à des calculs politiciens qui, de toute évidence,
discréditent ces organisations. La présence de certains
de ses chefs dans les institutions du pays, contrairement à ce
que les militants espéraient, n’a pas joué en faveur
de cette frange sociale. Pis, l’opportunisme des responsables a
jeté l’ensemble des associations des victimes du terrorisme
dans une torpeur sans précédent.
Pour garantir la survie sur le plan organique et politique à la
fois, ces dernières se sont, à la lumière de l’évolution
actuelle de la scène politique, rangées derrière
la longue file qui a servi d’appui électoral au chef de
l’Etat.
Dans un proche avenir, Bouteflika mettra en oeuvre la réconciliation
nationale et c’est à ce moment-là que se décidera,
le sort de ces associations. Attendons pour voir...
Amine GOUTALI
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