Bouira
Les citoyens réclament leurs armes de chasse


Le Matin, 19 juin 2004

Combat obstiné que celui mené par des milliers de citoyens dans la wilaya de Bouira pour exiger la restitution de leurs armes de chasse qu'ils ont accepté de consigner au niveau des brigades de gendarmerie et des commissariats de police à la demande des hautes autorités du pays en 1993.
La recrudescence des attentats terroristes depuis la dernière élection présidentielle, faut-il le souligner, a fait peser une sérieuse menace sur les citoyens qui craignent les incursions meurtrières des groupes armés, à l'image des actes sanglants commis les 13 et 14 mai dernier, respectivement au col de Tirourda et à Saharidj contre un ex-garde communal et un élément de la marine nationale. Pour réitérer leur énième demande de restitution de leurs fusils de chasse au moment où les bandes terroristes se réinstallent dans différentes régions de la wilaya, ils étaient des centaines à se rassembler, mardi dernier, devant le siège de la wilaya après avoir initié une marche de protestation à partir de la rue Abane-Ramdane que la police a eu du mal à contenir. Les contestataires éprouvés par le fait que leur revendication, sans cesse reformulée aux autorités civiles et militaires, n'a trouvé aucun écho ont promis de ne pas renoncer à la lutte. « Nous aimerions bien savoir au nom de quel droit l'Etat nous a littéralement privés de ces armes qui sont notre bien acquis en toute légalité », ont fulminé quelques citoyens.
D'autres ajoteront que ces armes doivent leur être restituées pour assurer leur défense. Ils évoquent la précarité de la situation sécuritaire qui prévaut encore à l'est ou à l'ouest de la wilaya en espérant cette fois convaincre les autorités d'accéder à cette « impossible » revendication qui demeure pendante malgré maints sit-in alternés au niveau des sièges de daïra, des brigades de la gendarmerie et de la wilaya. « Nous avons transmis vos doléances », leur a-t-on comme d'habitude rétorqué. Et d'ajouter que « seules les hautes autorités du pays peuvent se prononcer et donner une suite à votre revendication ».
R. B. K.

 

 
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