|
|||||
|
Association Nationale des Familles de Disparus CommuniquéLes décrets « portant règlement de la tragédie nationale » sont donc prêts. A la lecture des considérants du communiqué du conseil du gouvernement diffusé par l’APS, le 21 février, le ton est à l’absolution générale de tous les actes répréhensibles par la loi et qui « rentrent dans la catégorie des actes terroristes ou de la lutte antiterroriste ». Comme nous l’affirmions dans le manifeste d’alarme des victimes, le 28 septembre 2005, la réconciliation projetée est une opération qui se fait sur le dos des disparus tous bords confondus. Après avoir entretenu, par l’intermédiaire de Karouk Ksentini, un faux clivage entre les familles des victimes qui seraient pour les indemnisations et d’autres qui seraient contre, le pouvoir se sent suffisamment armé, à la faveur du verrouillage total des espaces de contestation pour passer en force sur ce dossier. Il propose ni plus ni moins aux familles de se rendre dans les tribunaux pour se faire délivrer des jugements de décès de leurs proches « n’ayant pas donné signe de vie et dont le corps n’a pas été retrouvé après investigations par tous les moyens légaux ». Depuis 10 ans des centaines de plaintes de familles qui fournissent les noms et qualités des ravisseurs de leurs enfants avec des témoignages irréfutables aboutissent à des non lieux. Il est pour le moins difficile de ne pas qualifier « cette nouvelle démarche » d’un cynisme d’Etat. Pour l’honorable institution judiciaire tous les disparus sont morts. Mais cette « nouvelle démarche » n’est pas nouvelle. Ahmed Ouyahia, avait pris une initiative similaire en janvier 2000 quand il était lui-même ministre de la justice. Il avait instruit les procureurs généraux aux fins de convoquer les familles et leur délivrer un jugement de disparition en guise de règlement de ce dossier « car toutes les voies légales de recherche du disparus étaient épuisées » disait-il. C’était en 2000. Est-ce dire que le rapport de force aujourd’hui permet au pouvoir de passer en force sur le dossier loin des préoccupations des victimes ? Sans doute, le pense t-il. Pour nous, familles de disparus, seule compte la consécration du droit à connaître la vérité sur le sort de nos proches et donc le pouvoir de poursuivre en justice les responsables de ces actes. L’indemnisation ou toute autre aide sociale aux familles sont inséparables de la garantie de l’établissement de la vérité et de la justice. C’est le sens même de notre combat. Nous continuerons à interpeller l’opinion nationale, les partis politiques et les ONG internationales pour que la justice triomphe. C’est pour cela que nous engagerons une compagne publique pour que chacun prenne ses responsabilités. |
"Amnistie" et impunité: Texte intégral du communiqué du conseil du gouvernement |
||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||