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L'amnistie se précise
L'Algérie doit visiblement s'attendre à de grandes décisions
censées parachever le processus de « pacification du pays » entamé cinq
ans auparavant. Le président de la république l'a clairement
laissé entendre lors du conseil des ministres qu'il a présidé ce
mardi en donnant aux membres de son exécutif l'instruction d'axer
l'essentiel de leurs travaux sur la concrétisation de la politique
de réconciliation nationale. Cette réunion, la première
du genre depuis l'élection présidentielle du 8 avril dernier,
a été d'ailleurs pratiquement entièrement consacrée
au sujet de la réconciliation nationale sur laquelle il s'est,
cette fois-ci, étalé davantage qu'il ne l'avait fait durant
la campagne électorale. Le programme du gouvernement, a-t-il déclaré,
devra ainsi « viser la consolidation de la concorde civile par
la promotion d'une véritable politique de réconciliation
nationale qui en élargirait les effets ». Ce qui veut dire
que la loi sur la concorde civile, qui a octroyé le pardon et
assuré l'impunité à des centaines de terroristes,
est devenue très insuffisante pour mener à bien son projet,
et que la situation nécessite, par conséquent, la promulgation
de nouveaux textes de loi qui iraient encore plus loin que les précédents.
Bouteflika l'a affirmé : le projet qu'il s'attellera à concrétiser
durant ces cinq prochaines années devra « s'accompagner
de mesures de clémence envers ceux qui sauront se ressaisir pour
participer à la construction et au développement de la
nation et non à sa destruction ». Le chef de l'Etat n'en
dit pas plus sur la nature de ces mesures. Ces propos peuvent cependant être
interprétés comme une confirmation de toutes les informations
en cours au sujet d'un projet d'amnistie générale en faveur
des dirigeants du parti dissous et de son bras armé. La semaine
qui vient de s'écouler a été en effet très
riche en indices permettant de comprendre que les concernés attendent
effectivement du nouveau. L'agitation dont ils font preuve est très éloquente
en la matière. Partage de tâche oblige, ils s'attellent
actuellement à multiplier leurs interventions politiques en vue
de préparer l'opinion à leur retour sur la scène
politique, et uvrent auprès des services de sécurité dans
le but d'obtenir le maximum de redditions. Cette dernière opération
conditionne la mise en application de la réconciliation nationale. « Elle
nécessite, a affirmé une nouvelle fois Bouteflika durant
le conseil des ministres, que notre pays se libère définitivement
de la violence () » Pour l'heure, aucune information officielle
n'a encore été enregistrée à ce sujet. La
seule confirmation est venue d'Abassi Madani qui, lors d'une récente
intervention sur Al Jazira, a annoncé que plusieurs terroristes
ont déjà quitté leur maquis, dans une dizaine de
wilayas, au cours des jours précédents et qu'ils se trouvent
encore dans des camps de toile spécialement dressés par
l'ANP. L'opération, a-t-il tenu à préciser, « n'est
pas une reddition mais le résultat de longues tractations ».
Aucun démenti n'a été apporté par les organes
officiels compétents depuis. La classe politique réagit : pas de réconciliation nationale sans la justice
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www.algeria-watch.org
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