Jeudi 18 Novembre 2004


MOUVEMENT ALGERIEN DES OFFICIERS LIBRES

LEGALITE HONNEUR JUSTICE

L'Amnistie Générale

Le départ sans gloire du général Mohamed Lamari l'ex chef d'Etat Major de l'Armée National Populaire et une partie des officiers membres de son clan responsables de la décennie sanglante qui a suivi le putsch de janvier 1992, constitue une étape majeure dans le retour à la paix en Algérie. Cependant, cette démission a la sauvette d'un des plus grands criminels de l'Algérie indépendante ne peut en aucun cas servir de prétexte a une amnistie "générale" dont le but vise clairement a exonérer les auteurs de la catastrophe nationale dont les auteurs qui ont pour noms : Khaled Nezar, Larbi Belkheir, Mohamed Mediene alias "Toufik", Mohamed Lamari, Mohamed Touati, Smain Lamari, Brahim Fodil Chérif,.et leurs suppôts civils (Ali Haroun, Reda Malek, et consorts).

Le concept d'amnistie "générale" est lourd de sens et aura certainement des conséquences sur le devenir de la Nation, puisque cette amnistie n'est nullement destinée aux "terroristes Islamistes" mais concerne plutôt l'acquittement officiel des généraux et leurs alliés qui ont plongé l'Algérie dans l'abîme des horreurs!

La seule présence de Larbi Belkheir dans la plus haute sphère de l'Etat souffle l'initiative Bouteflika. Le discours officiel, pourtant plein en apparence de bon sens et de sagesse, ne cadre pas du tout avec la requête populaire dont le souhait le plus cher est de se débarrasser des tyrans qui ont confisqué la liberté des Algériens et à leur tête Larbi Belkheir.

Le président doit savoir qu'amnistie ne signifie nullement " amnésie ", en offrant une porte de sortie aux assassins de tout bord, le projet Bouteflika s'apparente à une manouvre habile de sauvetage des généraux génocidaires et de leurs complices.

Pour faire face aux défis du XXI eme siècle qui nous sont imposés par les puissances mondiales, il est impératif de se ressaisir, de ressouder les rangs, de corriger les erreurs du passé et d'être attentif aux aspirations du peuple algérien et d'écouter sa voix.

Pardonner et ouvrer unanimement pour bâtir un avenir commun est certes, très louable mais nécessite une cohésion parfaite entre les gouvernants, en l'occurrence l'Etat et ses représentants légitimement élus, et les gouvernés ; c'est a dire le peuple. Cette condition essentielle fait malheureusement défaut, depuis que les usurpateurs ont modifié le cours de l'histoire en ce sinistre mois de janvier 1992, qui a vu l'Algérie basculer dans un effroyable bain de sang. La confiance a cédé la place à l'indifférence, à la suspicion, à la colère et parfois à la révolte. A partir du moment où le pouvoir est incarné par des personnes immorales, corrompues et sans honneur ni dignité il est tout a fait logique qu'elles ne peuvent gouverner que par la terreur et le mépris  et donc il faut s'attendre a ce qu elles soient rejetées !

Voilà pourquoi en évoquant dans ces circonstances particulières "le pardon" sous la forme d'une amnistie "générale" ne peut qu'être interprété comme une voie ou solution garantissant l'impunité aux bourreaux de l'Algérie.

L'impunité génère un profond sentiment d'injustice et de Hogra qui ne peuvent s'estomper aussi aisément et c'est l'une des raisons majeures des précédents échecs ayant accompagnés toute tentative de réconciliation. L'amnistie telle qu'elle est présentée n'est qu'une "anesthésie" temporaire des esprits et des cours encore sensibles.

Nul besoin de légitimer une manouvre politique en invitant le peuple à un referendum. Le résultat est connu a l'avance et ce ne sont pas les gaveurs des urnes du DRS qui vont se plaindre, eux les adeptes des scrutins "honnêtes et transparents" qui, même en cas de rejet massif, ont pris l'insolente habitude de faire élire leurs marionnettes par des scores a la Soviétique!

Toute solution contraire a celle que nous avons proposé, telle que présentée dans notre plan de sortie de crise ( plan sortie de crise ), ne peut être assimilée qu'a un bricolage politique qui n'a aucune chance d'aboutir a une solution juste, équitable et définitive du conflit algérien et risquera même de déclencher tôt ou tard une explosion sociale aux conséquences désastreuses.

Durant la période du premier mandat de Bouteflika, l'Algérie a été secouée par des émeutes populaires qui ont commencé en Kabylie et qui continuent à ce jour de se propager partout sur le territoire. Pourquoi de tels déchaînements dans un pays pourtant très riche ? La réponse est bien simple, mais ne semble pas captiver l'attention des responsables : Les Algériens revendiquent plus de liberté, de dignité et de justice. Ils revendiquent également le retour aux valeurs clefs de novembre à savoir la restauration d'un Etat souverain, démocratique et social dans le cadre des principes de base ainsi que le respect de toutes les libertés fondamentales. C'est pour eux la seule alternative leur garantissant le droit a la Dignité et a la Prospérité.

Les responsables de cette faillite ne sont pas seulement les islamistes ou les militaires, mais aussi cette opposition fantomatique fabriquée de toutes pièces dans les laboratoires du DRS et qui a dilué les problèmes en préférant le luxe et les privilèges soigneusement distribués par le pouvoir occulte afin de se concentrer et cibler la seule mouvance islamique en surfant sur la vague du "péril vert".

Où sont donc passés les portes voix de la société civile qui criaient au début des années 90 de toutes leurs forces pour sauver la démocratie ? Finalement beaucoup ont fini par se ranger sous la "bannière" du pouvoir en devenant les plus ardents défenseurs des généraux-dictateurs.

La Démocratie en Algérie, pour laquelle des centaines de citoyens ont payé un lourd tribut depuis octobre 1988, n'est pas plus à l'abri aujourd'hui qu'elle ne l'ait été en cette période. Il suffit uniquement de voir ce que sont devenus ces représentants autoproclamés de la société civile pour se rendre compte une fois pour toute que le DRS est le véritable détenteur du pouvoir puisque c'est lui qui conçoit et installe les hommes au pouvoir !

Le peuple algérien est un peuple épris de paix qui aspire toujours a des lendemains meilleurs, a la seule condition, qui a été vérifiée tout au long de l'histoire de notre pays, que sa Dignité et son Honneur restent sauf ! Mais tant qu'il y'aura des hommes qui se considèrent au-dessus des lois, l'Algérie toute entière en souffrira et le sang continuera malheureusement de couler.

Nul n'a le droit d'ignorer le passé, ni de faire l'impasse sur les tragiques événements pour décréter du jour au lendemain un nouveau départ sans prendre en considération les attentes de toute une nation qui réclame Vérité et Justice. Des mesures courageuses s'imposent et impliquent la reconnaissance de l'Etat quant aux graves dérives subies en son nom par une partie de l'Armée et des forces de sécurité. Sans cette obligation, a même de restaurer la confiance et de restituer la crédibilité a l'Etat, cela voudrait dire que les assassins ont eu raison de tuer, les tortionnaires ont eu raison de torturer et les voleurs ont eu raison de piller !

Une amnistie pareille est inacceptable car elle symbolise le blanchiment du meurtre, du vol et du crime en tout genre. C'est aussi une honte pour l'Algérie qui ne sera pas lavée des forfaits des criminels. C'est aussi une injustice de plus à toutes les mères, à tous les enfants, et à toutes les familles des victimes de ces années de tragédie.

Le pouvoir d'amnistier appartient uniquement à ceux qui ont l'autorité et le droit d'accorder le pardon. Amnistier, est du ressort exclusif des familles mutilées par la disparition d'un être cher, à ceux qui ont dit non aux totalitarismes et qui ont été marqués pour le restant de leurs jours dans leurs chairs et leurs âmes par le fer ardent des tortionnaires, à ceux qui ont été persécutés et contraints à l'exil.

En un mot, amnistier est l'attribut des seules victimes qui ont eu a souffrir des atrocités de cette guerre civile barbare et inutile, imposée par une poignée de généraux mafieux et inconscients pour s'opposer au choix du peuple.

Seul ceux qui possèdent le pouvoir de pardonner ont ce privilège de l'accorder ou pas. Tenter de l'arracher, de l'acheter ou de le subtiliser ne résoudra aucun problème et risque au contraire d'avoir des conséquences plus grave et plus dramatique pour tous.

Gloire à nos Martyrs et Tahya Eldjazaïr

P/Le Mouvement Algérien des Officiers Libres

Le Colonel H. du DRS, Membre du MAOL

 

   
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