Après les luttes de leadership au sein de la CNAG

Naissance de l’alliance pour la réconciliation nationale et l’amnistie générale

par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 15 mai 2005

Les luttes qui sont apparues ces derniers temps pour le contrôle de la Commission nationale de l’amnistie générale (CNAG, créée en décembre dernier pour soutenir la démarche de l’initiative présidentielle), semblent avoir abouti à une solution qu’on dit irrévocable.

Il s’agit de la création, depuis le 8 mai écoulé, d’une alliance nationale de la réconciliation nationale et de l’amnistie générale (ANRNAG) qui englobe, en plus de la CNAG, une trentaine d’autres associations nationales et locales.

La présidence de cette alliance a été confiée à M. Serraï, jusque-là membre de la direction de la CNAG. Dans un bref entretien accordé au Jeune Indépendant, celui-ci explique que cette démarche ne peut en «aucun cas être interprétée comme une éviction du président de la CNAG, M. Ahmed Ben Bella, bien au contraire».

«M. Ben Bella demeure le symbole même du pardon et nul ne peut prétendre pouvoir remettre en cause ses compétences. Par conséquent, sa présence parmi nous est plus qu’honorifique», affirme M. Serraï. Toutefois, précise-t-il, «les dernières luttes entre des groupuscules au sein de la CRAG ont rendu inéluctable notre détermination d’aller vers une démarche pour rassembler tout le monde et fermer toutes les voies de la contestation ou de l’exclusion».

Cette nouvelle alliance dont les démarches pour son officialisation sont «à un stade très avancé», a été mise en place avec un but bien déterminé : «accomplir un travail de sensibilisation auprès de la population». «Les luttes qui étaient intervenues ont mis à mal notre commission en la détournant carrément de sa vocation initiale», reconnaît-il.

Un problème qui «ne se reproduira plus dans la nouvelle alliance», promet-il. Pour ce faire, M. Serraï explique que la première tâche a été d’«écarter de cette alliance les opportunistes et autres tout-venant». «Nous avons fait appel, notamment, à d’éminents experts et à des intellectuels, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, capables d’aller vers le peuple pour lui expliquer l’objectif de la démarche du président de la République et la nécessité d’aller vers une amnistie pour tourner définitivement la page des tragiques événements vécus par notre pays», explique-t-il.

En plus de sa démarche populaire, l’alliance s’attellera également, sur le plan international, à répondre aux différentes ONG qui s’étaient élevées, ici et là, pour critiquer la démarche présidentielle. «Nous devons préserver l’image de marque de l’Algérie en répondant, de manière rationnelle, aux associations internationales qui se sont élevées, de manière virulente, contre l’initiative du président de la République», affirme-t-il.

Pour lui, c’est là un défi important à relever pour démontrer aux étrangers que la question de l’amnistie générale est «strictement algérienne». A propos d’un éventuel élargissement de cette nouvelle alliance aux partis politiques, M. Serrai a été clair : «Tout militant de parti politique qui veut se joindre à nous sera le bienvenu, mais il devra mettre, pour l’occasion, de côté sa casquette politique».

S. H.

   
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