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Conseil national du FFS

Aït Ahmed contre l’amnistie générale

Par Rédaction de Liberté, 5 février 2005

Pour le leader du FFS, “on veut effacer jusqu'à l’existence de la décennie sanglante, ses 200 000 morts, ses 20 000 disparus et ses 2 millions de déplacés”.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une réunion de son secrétariat national, le FFS estime que “les libertés individuelles et collectives sont quotidiennement bafouées, et le pays donne l’image d’un vaste commissariat où est surveillé le moindre indice de vie politique, sociale et économique autonomes. L’état d’urgence maintenu illégalement constitue ainsi le prétexte pour empêcher tout exercice des libertés démocratiques dans la société”. Le parti de Hocine Aït Ahmed ajoute que “les conditions sociales intenables dans lesquelles ont vécu les citoyens, la tempête de neige, qui s’est abattue récemment sur plusieurs régions du pays, ont confirmé le délabrement de l’État”.
Plus virulent dans son réquisitoire contre le pouvoir en place, le communiqué du FFS estime que “la stabilité actuelle se traduit par une offensive rancunière, visant à dominer les institutions et à domestiquer les organisations politiques et sociales à l’effet d’instaurer la terreur et le bradage de toutes les ressources du pays. L’État censé être au service des citoyens, particulièrement des démunis, se réduit à un assemblage d’institutions de répression et de corruption pendant que la population se trouve livrée à elle-même”. Enfin, le secrétariat national du plus vieux parti de l’opposition réaffirme son soutien aux organisations, animateurs sociaux, élus locaux et citoyens tout en dénonçant ce que le FFS appelle “les cabales judiciaires et policières contres les militants du FFS”. Par ailleurs et dans un message adressé par Hocine Aït Ahmed au président de l’Association de la jeunesse maghrébine le 27 janvier dernier, le leader du parti dévoile, partiellement, sa position sur les futures échéances politiques et notamment le projet du chef de l’État portant “amnistie générale”, en soulignant qu’aujourd’hui, “on veut effacer jusqu'à l’existence de la décennie sanglante, ses 200 000 morts, ses 20 000 disparus et ses 2 millions de déplacés. Et du coup, sont occultées les trois décennies de corruption, d’arbitraire et de non-droit qui sont les causes de cette deuxième guerre sans nom et sans norme”. Dans sa missive, le président du FFS est longuement revenu sur la construction du Grand-Maghreb en s’attaquant avec une rare virulence au régime en place. “Un régime, écrit-il, qui repose sur la violence et sur la prédation, la moindre chance de créer, avec ses voisins, les liens qu’il n’a pas su ou voulu établir avec sa propre population ?”

 
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