60 % DES BUDGETS DES APC NE SONT PAS CONSOMMÉS

ANNABA

Les populations ne voient rien venir

L'Expression, 28 Novembre 2007

Les crédits débloqués par la wilaya pour l’exercice 2007 sont de l’ordre de 2.279.958.000DA.

Au moment où les quelque 700.000 habitants de la wilaya de Annaba, répartis sur 12 communes, endurent les pires conditions de vie, le programme de développement local (PCD) affiche une stagnation inexpliquée. Et ce, en dépit des forts budgets débloqués, en comparaison avec les années précédentes, où les enveloppes financières étaient moins conséquentes mais consommées jusqu’au dernier centime.
Aujourd’hui, les budgets des mairies sont revus à la hausse en fonction de la diversité des besoins socioéconomiques, mais la situation est restée en l’état. Pour sa part, la wilaya de Annaba a bénéficié de la réalisation de 22.000 logements, toutes formules confondues, mais affectées par bon nombre de contraintes comme le retard dans les délais de réalisation généré soit par les perturbations qu’a traversées le secteur des produits de construction (ciment, sable), soit l’absence des infrastructures d’accompagnement que le PCD est censé réaliser et entretenir celles déjà existantes.
Malheureusement, ce n’est pas le cas et cela reflète l’image des élus locaux de toute la wilaya de Annaba qui ont, à des degrés différents, économisé leurs budgets au détriment des besoins de leurs populations. En procédant par estimation statistique, il se trouve que le phénomène est commun à toutes les mairies de la wilaya, mais à des niveaux différents. Pour l’exercice 2007, les budgets consommés de l’ordre de 503.034.000DA pour les 12 communes réunies, soit 26% seulement, le reste nichant au fond des comptes de l’administration.
En tête de la pyramide des collectivités qui n’ont presque pas touché à leur enveloppe financière, se place l’APC de Annaba, qui n’a engagé pour l’exercice 2007 que 19.495.000DA sur un total de 300.150.000.DA débloqués pour la mise en oeuvre de son PCD.
En réalité, les 6,5% engagés n’ont pas redoré le blason de la ville de Annaba à cause de la gestion de ses élus qui n’ont d’égard que pour la politique et la gestion de leurs intérêts personnels avant l’expiration de leur mandat.
Autre classement et même situation, la mairie de Seraïdi, avec 22.186.000DA, soit 11,10% des 200.195.000DA engagés dans le PCD.
Quant à la commune d’El Hadjar et celle de Sidi Amar, réunies à elles deux, elles n’ont pu dépenser plus de 29,45%, soit 342.179.000DA.
Placées à la même enseigne, les collectivités de Aïn El Barda et Berrahal, semblent, selon toute vraisemblance, se satisfaire des projets déjà réalisés. De plus, il semblerait qu’il n’est point nécessaire d’utiliser l’argent pour leurs administrés, qui sont victimes du quotidien des «ghettos» au vu de l’état de leur cadre de vie et de l’absence du minimum, à l’image des aires de loisirs pour les enfants des localités de Aïn Essaïd, ou encore ces maisons de jeunes construites pour être ouvertes lors des visites officielles, sinon, elles sont fermées pendant que les jeunes, rongés par le chômage, la malvie et le manque d’occupation, se rabattent sur «el harga».
L’APC d’El Bouni a enregistré le meilleur score dans les dépenses en engageant pour son PCD 90.023.000.DA, soit 32,55% sur une enveloppe de 279.265.000DA débloqués par la wilaya.
Hormis quelques réalisations insignifiantes par rapport aux besoins des populations de ces collectivités, l’état des lieux ne pousse pas à l’optimisme comme ce fut le cas lors de la visite du wali à la commune de Sidi Amar, cette commune industrielle, présumée être la plus riche des 12 communes de la wilaya de par l’implantation du géant de l’acier El Hadjar (complexe sidérurgique d’El Hadjar).
Cette situation qui prévaut dans toutes les communes de la wilaya reflète la défaillance des pouvoirs publics dans la gestion des affaires de leurs administrés.
Défaillance matérialisée par l’ignorance des besoins des administrés qui ont voté pour eux alors que ces derniers les enfoncent dans un cadre de vie médiocre au motif d’un budget que les élus refusent ou ne savent pas utiliser ni gérer un PCD.

Wahida BAHRI


BÉJAÏA

Des blocages bureaucratiques à l’origine

28 Novembre 2007

Des enveloppes consommées à hauteur de 42,5%

L’opposition parle de centaines de projets inscrits pour la wilaya pas ne pouvant démarrer faute d’assiettes foncières.

«La consommation des budgets alloués à la wilaya de Béjaïa ne dépasse pas les 40%», avait déclaré récemment, un responsable du Front de libération nationale. Un véritable pavé dans la mare. Intervenant en pleine campagne électorale pour les locales, cette déclaration vise l’équipe majoritaire, en l’occurrence, le Front des forces socialistes, un parti qui a toujours pris les rênes de l’APW depuis l’avènement du pluralisme politique.
Plus clairement, le FLN regrette que «les majorités élues aux APC et à l’APW se préoccupent plus des questions politiques que de la gestion des affaires locales et du développement». Le représentant du FLN parle de «60 milliards de dinars alloués pour la wilaya de Béjaïa qui sont retournés au Trésor faute de consommation». Chose que le RCD appuie accablant ainsi l’équipe sortante.
Du côté de la wilaya, autant on reconnaît la faiblesse dans la consommation des budgets, autant on rejette l’idée d’un quelconque reversement des crédits au Trésor public.
Les enveloppes financières allouées à la wilaya de Béjaïa sont consommées à hauteur de 42,5%, indique-t-on à la wilaya. Pour l’année 2006, un crédit de 7 milliards de centimes a été débloqué en fin d’année. Ces crédits de paiement sont, selon toujours la wilaya, tombés en exercice clos. Cela ne signifie nullement leur renvoi au Trésor, précise-t-on.
Le blocage, deux années durant, de la création d’une agence foncière revient ainsi souvent pour expliquer la faiblesse du taux de consommation des budgets.
L’opposition parle de centaines de projets inscrits pour la wilaya et ne pouvant démarrer faute d’assiettes foncières, soutient-on et se voient reportés d’année en année causant un grave préjudice au développement local. Il en est ainsi dans de nombreuses communes de la wilaya.
A cela s’ajoutent évidemment les blocages qui relèvent de l’action citoyenne. Les oppositions freinent terriblement l’avancée des travaux dans de nombreux chantiers et, par voie de conséquence, la consommation des crédits. La nature juridique des terrains, souvent privés et dans l’indivision, fait que rares sont les projets qui démarrent dans les délais.
Là encore, l’administration y est pour quelque chose. Certains maires racontent tout leur calvaire pour faire aboutir une opération d’utilité publique. L’insuffisance d’encadrement dans les communes induit toujours des erreurs dans le ficelage d’une opération. Les élus n’ont pas, pour la plupart, la formation souhaitée et tentent de gérer les communes comme on gère un foyer.
La réalité du terrain est que beaucoup de projets sont en souffrance. Face à une bureaucratie des plus lourdes, les enveloppes financières allouées à la wilaya de Béjaïa, au niveau de tous les secteurs, trouvent du mal à être dépensées.
Le parcours du combattant est imposé aux investisseurs et toutes les étapes que doit suivre la réalisation d’un projet, aussi petit soit-il, exigent un temps énorme.
S’il est vrai qu’au sein de l’APW de Béjaïa la tendance est à l’action politique, il reste que ce n’est pas la seule raison de la faible consommation des bud-gets.
Les spécialistes de la question économique nous renvoient aux pratiques bureaucratiques qui ont la peau dure à Béjaïa. Ainsi, l’administration fiscale et les services en charge du contrôle des finances sont montrés du doigt.

Arezki SLIMANI


CONSTANTINE

Les «séquelles» d’une mauvaise gestion

28 Novembre 2007

Les dernières élections sont un souvenir assez vivace dans la mémoire des Constantinois. Et personne n’a d’affiché son optimisme pour celles qui auront lieu demain. La défiance politique est la cause du rejet, de la déception et surtout de la méfiance. L’opinion publique locale s’interroge, sur la légitimité des élus sortants. Ces élections apporteront-elles un plus au quotidien des citoyens? On aura remarqué tout au long de cette campagne très «timide» que les Algériens ne sont pas intéressés par la politique, ni par les partis qui ont manqué à leur devoir. Les Algériens ont compris avec beaucoup de regret que les pouvoirs publics sont totalement inopérants. Malgré la bonne volonté de l’Etat, le niveau local reste piégé dans un contexte quelque peu médiocre. L’enveloppe de 120 milliards de centimes, mise à la disposition des élus locaux, n’aura donc pas suffi pour l’aménagement urbain de la ville de Constantine et ses 13 communes. Derrière eux, les élus sortants, qui se sont servis parfois à outrance, en profitant de certaines perspectives, comme les voyages à l’étranger dans le cadre du jumelage, auront laissé un arrière-goût amer aux Constantinois. Des promesses non tenues et des projets inachevés à l’image du parking à étages pour le coût de cinq milliards de centimes, l’aménagement de la brèche pour trois milliards de centimes ou encore les sous terrains pour un milliard de centimes. Depuis 2005, aucun bidonville n’a fait l’objet de délocalisation. Si ce n’était que ça! Que dire de l’état civil? Ces ser-vices, mémoires de la ville, n’ont jamais été aussi mal tenus, que durant le précédent mandat. Constantine c’est aussi la ville des trottoirs refaits à plusieurs reprises et, contre toute attente, après que le boulevard Belouizdad ait été ´´retapé´´ celui de Boudjeriou est resté en l’état. La mauvaise gestion est, en effet, le maître mot à Constantine. Dans le secteur de l’habitat, le problème se pose à chaque fois. Des retards dans la construction, dans les relogements mais aussi dans la programmation des listes des bénéficiaires. Ajoutons à cela le projet du tramway qui est à la traîne alors que les travaux étaient programmés en début de cette année. Tout est bloqué dans cette ville, même sur le plan de l’investissement et du tourisme. D’aucuns n’arrivent à expliquer réellement le phénomène du sous-développement de Constantine dont l’image ne cesse de se dégrader. Et l’on s’interroge, si les budgets alloués à certains projets, qui n’ont pas vu le jour, resteront au niveau du Trésor.

Ikram GHIOUA


TIZI OUZOU

850 milliards bloqués!

28 Novembre 2007

Une cagnotte de 850 milliards de centimes destinés au programme de développement dans la commune de Tizi Ouzou serait toujours bloquée dans les caisses de l’Etat. C’est ce qu’a affirmé à L’Expression le maire sortant de la commune du chef-lieu de wilaya, M.Mustapha Si Salah. «850 milliards de centimes alloués à la localité pour le développement de la ville sont bloqués par l’administration. C’est inadmissible», martèle-t-il, d’autant plus que la ville des Genêts figure parmi les communes où le chômage et la délinquance prennent des proportions alarmantes.

Hafid AZZOUZI


ORAN

Les raisons des retards

28 Novembre 2007

Oran s’est transformée en un immense bourg, et derrière le Front de mer, il y a le front de la misère et de l’indigence.

Deux décennies de disette et de vacances ont conduit El Bahia vers des dérives aussi graves qu’irrémédiables. Des déviations qui résultent de retombées aux séquelles aujourd’hui difficilement réparables. Les conséquences sont donc très graves et les autorités locales tentent tant bien que mal de prendre le taureau par les cornes. Oran a été, pendant la tragédie nationale «un refuge» pour les personnes «vulnérables» qui ont fui les zones instables. Ainsi, en une dizaine d’années, l’image pittoresque qu’offrait autrefois Oran, a totalement été défigurée par la prolifération des bidonvilles et l’habitat précaire. Oran s’est transformée en un immense bourg, et derrière le Front de mer, il y a le front de la misère et de l’indigence. Aujourd’hui, des sommes faramineuses sont débloquées en vue de corriger les conséquences du laxisme et du laisser-aller qui ont caractérisé un passé récent. La wilaya d’Oran, qui regroupe 26 communes, est habitée par une population qui avoisine 1,5 million d’âmes. Aussi, la deuxième métropole du pays est, depuis quelques années, devenue la destination des investisseurs étrangers et nationaux. C’est pourquoi le développement local constitue l’un des véritables casse-têtes des autorités locales. La wilaya d’Oran a, depuis peu de temps, lancé des projets de développement d’envergure. Des projets qui peuvent redonner à El Bahia son image d’autan. Ces derniers ont, principalement trait à l’éradication des bidonvilles et la résorption de l’habitat précaire: réalisation des écoles et bitumage des routes etc. Des projets pharaoniques, dit-on à Oran. Sans compter l’inscription des futurs complexes olympiques et du pôle universitaire de Bir El Djir, la salle semi-olympique de Boutlélis et le tramway. Des budgets colossaux sont réservés à cet effet. Seulement la problématique qui reste toujours posée est que ces budgets ne sont pas consommés à temps. C’est une lancinante question à laquelle sont sérieusement confrontées les autorités locales. Ce défaut de consommation du budget a été l’axe principal de la campagne électorale. Plusieurs partis politiques candidats n’ont pas cessé de crier à la corruption. «Ils sont allés jusqu’à décrier l’état actuel de ces développements». C’est pourquoi il apparait nettement que, malgré l’injection de ces milliards, le citoyen se sentira toujours marginalisé. Le relogement des familles du quartier Les Planteurs en a été l’exemple concret. Au total, 9000 familles devaient être relogées en 2003. Un dossier très chaud qu’aucun des responsables locaux n’a daigné résoudre. Le dossier est à la traîne depuis 2001. Période durant laquelle a été résolu, lors de la conférence internationale de lutte contre la pauvreté, la prise en charge de 9000 familles du quartier Les Planteurs. Un projet qui a été financièrement soutenu par la Banque mondiale. Depuis le mois d’août à ce jour, seules 2000 familles ont été recasées. 6000 autres attendent toujours leur tour. Un véritable dilemme. Le montage financier de l’opération est achevé, tandis que les familles continuent d’espérer depuis, que leur calvaire voie un jour la fin. Seulement aux dernières informations, le manque d’assiettes a nettement stoppé cette démarche. «L’injection de plusieurs milliards de dinars dans des projets de développement ne serait ni concluante ni agissante si des mesures d’accompagnement urgentes tardent à venir», a déclaré un ex-élu à L’APW d’Oran. Pour sa part, le wali d’Oran, M.Tahar Sekrane, a estimé que les budgets sont consommés à temps. Cependant, selon ce dernier, «les lenteurs sont imputables au concours de plusieurs facteurs». Il citera en ce sens, les exemples des appels d’offres qui sont dans la plupart des cas infructueux. Et ce dernier d’ajouter que les études des marchés prennent de longs délais. A ces aléas s’ajoutent les résiliations nombreuses des marchés, a signalé le wali d’Oran. Les mêmes déclarations ont été répercutées par le secrétaire général de l’APC d’Oran, M.Fekha Benaoumeur. Ce dernier signalera que, malgré l’ordonnancement des marchés ces derniers «restent parfois sans preneur». Dans ce chapitre bien nommé, notre interlocuteur notera que ce sont ces facteurs qui laissent dire que «les budgets ne sont pas consommés à temps, mais en réalité, les projets sont inscrits et leurs budgets sont alloués».

A. WAHIB

   
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