Tizi Ouzou / Les chiffres effarants de l’insécurité

El Watan, 25 décembre 2003

A l’occasion de la célébration de la journée de la police arabe, les chiffres et statistiques portés à la connaissance du grand public tant au niveau du siège de la sûreté de wilaya que celui des sûretés urbaines ont fait dresser les cheveux sur la tête de bon nombre de visiteurs qui n’en croyaient pas leurs yeux.

Les tableaux affichés font ressortir des chiffres effarants en matière d’insécurité. Les statistiques qui s’étalent sur une période de trois années — 2001, 2002 et 2003 (fin novembre)— se passent de tout commentaire. Que ce soit pour les crimes et délits contre les personnes ou pour les biens le nombre d’affaires sur les trois années susindiquées ont enregistré une hausse des plus inquiétantes. C’est ainsi que pour les délits et crimes portant atteinte à la vie des personnes on est passé de 514 affaires en 2001 à 1049 en 2003, alors qu’elles étaient 852 en 2002, soit une augmentation de plus de 100 % en deux années. Cette progression est aussi perceptible dans le total des affaires d’atteintes à la liberté individuelle (200 %), portées à l’honneur (200, aux familles et aux bonnes mœurs (plus de 500) entre 2001 et 2003. Ce qui dénote l’insécurité ambiante. Il faut dire que la mise en quarantaine de la gendarmerie nationale née des derniers événéments de Kabylie n’a pas permis la résolution de toutes les affaires du fait que la plupart d’entre elles ont eu pour cadre des localités implantées en dehors de la compétence judiciaire des services de police, en milieu rural. Il en est de même pour les crimes et délits contre les biens (atteinte aux biens, vol qualifié, vol simple et crimes et dégradations). Là encore les chiffres portés sur les tableaux comparatifs font état d’une courbe ascendante avec 1795 affaires pour 2001, 2185 pour 2002 et 2243 pour les onze mois de 2003, soit une augmentation de 25%. Ces statistiques font aussi ressortir que 77 % des affaires n’ont pas été résolues en 2003 puisque sur les 2243 affaires inscrites, seules 531 ont vu les recherches aboutir.
Le même constat est enregistré durant les deux années précédentes. Quant aux crimes et délits contre les biens publics où l’on retrouve l’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la sûreté publique, les chiffres sont de loin «meilleurs» avec 30, 79 et 18 pour respectivement les trois dernières années. Si pour les atteintes à la sûreté publique des affaires sont encore pendantes pour n’être pas encore résolues, il n’en est pas de même pour l’atteinte à la sûreté de l’Etat puisque toutes les affaires ont vu leurs auteurs interpellés, à l’exception de six d’entre elles en 2002, année où le plus grand nombre d’affaires a été traité pour un total de 59 contre 6 et 5 respectivement pour 2001 et 2003. Il y a lieu de noter enfin que l’implantation de sûretés urbaines de proximité au chef-lieu de wilaya qui en compte six à permis d’élucider de nombreuses affaires et surtout apporter plus de quiétude aux habitants à l’image de la 6e sûreté urbaine implantée à la nouvelle-ville et dont les rondes et présence de ses éléments, ont non seulement persuadé les petits délinquants (vol, drogue, alcool) à faire dans la «retenue» mais ont surtout permis d’élucider de nombreuses affaires par l’arrestation de leurs auteurs au grand soulagement des victimes. Toutefois, tous ces efforts sont parfois vains dès lors que les peines prononcées par les tribunaux, les différentes remises de peine ainsi que la grâce remettent rapidement dans le «circuit», pour reprendre le jargon de la rue, dealers et voleurs.

Par Mohamed Rachid

 

   
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