La veuve du défunt président du HCE révèle à Al-jazeera

“Ce n’est pas Boumaârafi qui a tué Boudiaf”

Par Rédaction de Liberte, 31 juillet 2005

Treize ans après l’assassinat à Annaba de Tayeb El-Watani, son épouse jette un pavé dans la mare. Dans un long entretien qu’elle a accordé à la chaîne qatarie Al-Jazeera, Fatiha Boudiaf fait de nouvelles révélations sur les circonstances de la mort de l’ancien président du HCE.
Écartant définitivement la thèse de la piste islamiste, la veuve du défunt Président accuse ouvertement “le pouvoir” et affirme que même “l’auteur physique de son assassinat n’est pas Boumaârafi”. Celui qui a tiré sur le Président était “plus grand de taille”, dira Madame Boudiaf en précisant qu’elle possède la cassette vidéo de la tragédie de Annaba. Le cadavre qui a été retiré de dessous la table serait celui du tueur de Boudiaf, laisse, en effet, entendre l’invitée d’Al-Jazeera avant de faire une autre révélation : deux impacts de balles ont été constatés sur l’ambulance qui a évacué le président du HCE. Donnant peu de crédit à la version officielle des faits, sinon aucun, Fatiha Boudiaf croit détenir suffisamment d’éléments pour pointer l’index sur “le pouvoir” sans toutefois donner plus d’indications à propos des assassins de Boudiaf. “J’ai demandé à rencontrer Boumaârafi en prison, ils me l’ont refusé”, déclare-t-elle, par ailleurs, en affirmant au passage que Tayeb El-Watani n’avait reçu aucune menace.
Mais sachant, révèle-t-elle, que sa vie était en danger, il se préparait avant chaque voyage, en bon musulman qu’il fut, à la mort. C’est le cas avant son déplacement à Annaba. À la question si elle a été reçue par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, l’invitée d’Al-jazeera rétorquera : “Il est sorti d’ici ! Il nous a dit qu’il a eu à évoquer le dossier de l’assassinat de Boudiaf.” “Et quel est son point de vue ?” interroge le journaliste. “Il a le même avis que nous”, répondra Fatiha Boudiaf qui reviendra sur la position du défunt par rapport au parti dissous en confiant qu’“il a envoyé des gens pour lancer le dialogue avec ses dirigeants”. Sa décision de rentrer au pays ? “Elle lui a été dictée par son amour pour la patrie”, dira la femme du défunt Président qui soulignera que c’est le général Khaled Nezzar qui l’avait sollicité pour sauver le pays. Et c’est Ali Haroun qui s’est déplacé pour s’entretenir avec lui au Maroc.
Boudiaf, qui avait refusé au départ les sollicitations d’Alger, a fini par accepter. “Mais Tayeb El-Watani prenait tellement d’envergure qu’il commençait à gêner”, confiait un de ses amis interviewé par la chaîne Al-Jazeera.

 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org