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La DGSN lance un débat sur la connexion entre les groupes armés et le crime organisé L’apparition d’un microterrorisme inquiète les services de policeNissa Hammadi, Liberté, 25 juin 2006 La connexion entre le terrorisme et la grande criminalité en Algérie n’est plus à démontrer. Des fortunes immenses sont blanchies, notamment dans l’immobilier, l’importation de bananes, de commerce de lingerie… De même que des groupes armés servent d’escorte aux pilleurs de sable. La DGSN a très tôt mis en garde contre cette liaison dangereuse. Elle a été la première institution à vouloir ouvrir des enquêtes sur l’argent du terrorisme, freinée dans son élan par l’Exécutif sous prétexte que cette tâche relève de ses prérogatives. La direction de la Sûreté nationale revient une deuxième fois à la charge, en parlant de repentis qui investissent le champ de la grande criminalité. La DGSN organise une série de conférences thématiques sur le sujet à l’intention de ses cadres pour mieux les former, avant qu’il ne soit trop tard, à faire face à ce phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays. “Au moment où le terrorisme et le crime organisé se rencontrent et deviennent de plus en plus menaçants, il va falloir coopérer et conjuguer nos efforts à même de venir à bout de ces deux phénomènes”, a indiqué, hier, Alain Bauer, expert à l’Observatoire français de criminologie à l'occasion d'une rencontre organisée par la direction de la Police nationale à l'école supérieure de la police à Alger. Lors d’une intervention intitulée “Nouvelles menaces, nouvelles formations, nouvelles technologies”, l’expert français a déclaré que “ce qui s'est passé en Algérie durant la décennie du terrorisme est un indicateur qui nous permet d'analyser ce qui se passe ailleurs”. Il pense que les organisations terroristes, en général, et celles activant en Algérie, en particulier, se sont muées en des groupes dispersés, peu organisés, mais restent dotés de moyens très importants. La nouvelle menace consiste, selon lui, en l’apparition d’un microterrorisme, très difficile à cerner et à combattre parce que “agissant sur des territoires relativement flous qui posent vraiment problème”. Ce nouveau phénomène nécessite, préconise-t-il, “un traitement radical impliquant la responsabilité des grandes nations occidentales dans un monde qui évolue et change constamment”. Le directeur des écoles de police, M. Kara Bouhedba Abdelkader, a tenu à souligner, pour sa part, que cette série de conférences dénote “l’ouverture prônée par la DGSN en vue d’améliorer les programmes de formation et les adapter à la nouvelle conjoncture” et d’élargir “les possibilités de coopération avec les différents partenaires”. L'opération de jumelage entre les écoles de police de Sidi Bel-Abbès et d’Annaba avec respectivement les écoles françaises de Nîmes et de Marseille a permis de créer, dit-il, “un espace de coopération et d'échange d'expériences et de renseignements entre la Police algérienne et son homologue française”. De son côté, M. Emile Pérez, directeur de formation de la Police nationale française, estime que ce cycle de rencontres “nous servira à mieux se connaître et à mieux se comprendre. Certes, nos systèmes juridiques diffèrent, mais nous faisons face aux mêmes problèmes et nous partageons les mêmes valeurs. Face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés, nous avons besoin de travailler ensemble et préparer nos policiers, dans le cadre de la formation, à développer leurs compétences pour lutter contre le crime, mais aussi pour servir leur population”, conclut-il. Nissa Hammadi |
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www.algeria-watch.org
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