Après une première annonce le 25 avril dernier, Hubert Auriol confirme

Un rallye-raid dans le Hoggar pour dire la stabilité retrouvée ?

Il y a douze ans, en 1993, passait par le Sud algérien le dernier grand événement auto-motos, le Paris-Dakar, qui doit justement sa réputation à son passage par les immensités du désert algérien

Par Rachid Saadoune, La Tribune, 23 mai 2005

Hubert Auriol, ancien directeur du Dakar, vient de confirmer, après une première annonce à la fin du mois dernier sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), la création d’un nouveau rallye-raid dont le point de départ officiel devrait être donné, selon toute vraisemblance et c’est le vœu exprimé par ses organisateurs, en automne prochain (mi-octobre 2005), dans le Sud algérien et ce, plus d’une décennie (douze années exactement) après le passage, en 1993, par le pays, de l’ultime grande épreuve de ce genre. Selon Auriol, encore sous le charme de la région et de ses grandes étendues et qui en a fait le détour à plusieurs reprises pour avoir été, avec le défunt Thierry Sabine, l’un des fondateurs de TSO (lire Thierry Sabine Organisation) propriétaire d’un rallye Paris- Alger – Dakar gagnant chaque année en audience et s’imposant dans le calendrier international comme l’un des sommets, sinon l’incontestable clou de la saison des rallyes à l’échelle mondiale, le site est tout indiqué, puisqu’il doit se dérouler, selon ses propres propos, «dans un endroit vraiment magnifique, le Hoggar». En insistant sur «la volonté des autorités algériennes de voir l’événement se tenir dès cette année», ajoutant que «le projet, finalisé, était sur la bonne voie, en train d’aboutir» et que les organisateurs, en plus de la régularité (une périodicité annuelle), «ambitionnent de lui trouver, à terme, une place de choix dans le calendrier international des rallyes-raids». L’ancien vainqueur auto et moto du Dakar, qui livre dans la foulée quelques détails concernant et le tracé (Hassi Messaoud comme point de départ, Tamanrasset en guise de cerise sur le gâteau, arrivée de la caravane) et la durée (7 jours et autant d’étapes) en plus des dates arrêtées (15-21 octobre), s’il rappelle que l’Algérie, pour des raisons évidentes de sécurité, a cessé depuis maintenant plus d’une décennie d’être visitée par un rallye- raid, rappelle en outre le soin particulier mis par les politiques algériens à réhabiliter, à tous les niveaux, notamment au double plan touristique et sportif, la destination Algérie, en entamant fin novembre 2004 des négociations avec les organisateurs du Dakar pour que les concurrents traversent à nouveau le Sud algérien lors des prochaines éditions. Un vœu d’ailleurs exprimé publiquement le 9 avril dernier par l’ex-ministre du Tourisme, M. Mohamed Seghir Kara, qui déclarait, entre autres, que «prochainement, le rallye Paris-Dakar comptera de nouveau Alger parmi ses étapes» en annonçant qu’«une délégation des organisateurs du rallye effectuera prochainement une visite à Alger pour annoncer le retour de l’étape d’Alger sur la carte du rallye Paris-Dakar, dans le cadre de l’accord conclu en coordination avec les ministères du Tourisme et de la Jeunesse et des Sports et la Fédération nationale des sports mécaniques en charge du dossier.» Il précisera à cet effet (on cite) que «le retour de l’étape d’Alger sur l’itinéraire du rallye Paris- Dakar constitue un facteur essentiel pour la promotion du tourisme», en argumentant que «70 pays prennent part à cet événement sportif mondial qui est suivi partout dans le monde». Pour l’édition 2005, on vient d’avoir confirmation que le parcours qui devait initialement prendre une tout autre destination que celle de Dakar a connu quelques modifications, notamment l’annulation de l’étape du Sud algérien qui devait être traversée à l’occasion du 20e anniversaire, en janvier prochain, de la mort du créateur du Dakar, Thierry Sabine, et quatre de ses amis. Cela étant, le président de la Fédération algérienne des sports mécaniques (FASM) M. Hamid Sidi-Saïd vient de confirmer que «la Fédération algérienne a déjà donné son accord pour l’organisation de ce rallye, en attendant l’accord définitif des pouvoirs publics», le principe étant assuré pour concrétiser, sur la base du dossier transmis par M. Hubert Auriol, ce projet. Autant d’indicateurs qui tendent à confirmer, assurances fermes des hautes autorités algériennes en prime, que l’argument sécuritaire ne tient plus la route en dépit du verdict rendu justement par les organisateurs du Dakar.

R. S.

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org