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ILS
LOUENT LEURS SERVICES AUX COMMERÇANTS ET ENTREPRENEURS PRIVÉS
Patriotes sous contrat
L'Expression, 23 janvier 2003
Certains d’entre
eux et autres, membres des groupes d’autodéfense utilisent
les armes fournies par l’armée algérienne à
des fins professionnelles.
Les armes en question,
qui étaient livrées uniquement pour défendre les
villages des décentes terroristes sont devenues, selon toute vraisemblance,
un véritable diplôme pour le recrutement au poste d’agent
de sécurité se passant ainsi de tout CV.
Cette information a suscité un débat autour des modalités
d’utilisation des armes par les éléments d’autodéfense.
Les échos font état d’une volonté de révision
du cadre définissant les activités des civils armés.
En effet, le nombre croissant de membres d’autodéfense et
de patriotes, qui ont utilisé les armes dans un cadre contractuel
avec des sociétés privées ou publiques, a alerté
les responsables du ministère de la Défense qui vient d’édicter
une instruction interdisant l’utilisation des armes, propriété
de l’Etat, à des fins professionnelles. Cette instruction,
qui est entrée en vigueur, il y a quelques jours, comme l’indiquent
des sources, a pour objet d’empêcher la naissance de ce qui
s’apparente à un «commerce de la sécurité».
D’autant plus que cela apportera de l’eau au moulin de certains
cercles médiatiques qui évoquent l’existence de milices
privées encouragées par l’armée algérienne.
Les cas recensés de patriotes ou de membres d’autodéfense,
qui se sont reconvertis en agents de sécurité, voire en
gardes du corps, indiquent certaines sources, suscitent d’abord
une réflexion sur la prise en charge de certains d’entre
eux en les mettant à l’abri du besoin, car ils sont généralement
issus de familles très pauvres habitant des régions isolées.
Des sources des autorités militaires estiment que ce genre de phénomène,
encore à l’état embryonnaire, va à contresens
du principe de la création de groupes d’autodéfense
et de patriotes, censés être armés pour défendre
les biens et les personnes des villageois qui ne veulent pas quitter leurs
hameaux. Ces armes, estiment les mêmes sources, doivent être
utilisées pour l’intérêt de la communauté
et non à des fins commerciales.
Cela explique dans certains cas comment les groupes terroristes avaient
pu pénétrer dans des villages alors que ces derniers comptaient
plusieurs civils armés. Certains étaient occupés
au gardiennage des biens des sociétés contractantes.
Les enquêtes faites dans les régions qui ont connu des incursions
terroristes pendant que certains patriotes étaient occupés
ailleurs, laissant d’autres patriotes seuls face à la barbarie
criminelle, ont donné à réfléchir. Notamment
dans les wilayas de Blida, Chlef et Relizane. En effet, la déviation
de la mission initiale qu’est l’autodéfense constatée
chez certains citoyens armés a ouvert la voie à une nouvelle
version du mercantilisme. Ce genre de pratiques a déjà conduit
à des dérapages.
Les services de sécurité étaient intervenus pour
rétablir «ces bavures».
Beaucoup de gardes communaux et de GLD avaient été mêlés
à des actes de grand banditisme et sont, à présent,
entre les mains de la justice.
Ahmed ZAKARIA
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