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TERRORISME, DROGUE
ET IMMIGRATION CLANDESTINE
L'Otan joue la
carte d'Alger
L'Expression,
05 décembre 2004 Notre pays vient
de supplanter le Maroc, « allié stratégique » de
cette force militaire transnationale.
La coopération militaire entre l'Algérie et l'Otan en
est désormais à une phase opérationnelle qui propulse
notre pays au rang des partenaires stratégiques et incontournables.
Les indices sont nombreux qui confortent cette thèse. Le premier
est bien celui de la visite qu'a effectuée, à Alger, il
y a de cela quelques jours, le secrétaire général
de l'Otan, Jaap de Hoop Sheefer. Nouvellement nommé à ce
poste, celui-ci a choisi la destination de notre pays comme première
sortie en direction d'un pays non-membre de l'Alliance atlantique, qui
plus est, situé sur la rive sud de la Méditerranée.
Sur ce point précis, soulignent les experts du domaine militaire, « l'Algérie
vient de supplanter le partenaire stratégique qu'était
le Maroc en devenant le principal allié de l'Alliance atlantique
au niveau de la rive sud de la Méditerranée ».
Il convient de relever ici que le choix de l'Algérie est loin
d'être fortuit. Avec l'Afrique du Sud, notre pays constitue le
pivot principal autour duquel s'articule l'Afrique. Nation forte d'une
histoire qui en a fait le leader de tout le tiers-monde, notre pays occupe
en plus une position géostratégique qui en fait, dans le
même temps, un interlocuteur incontournable quand il s'agit du
monde arabe, du Proche-Orient et, comme de juste, de la Méditerranée-sud.
Le retour en force de l'Algérie sur le devant de la scène
diplomatique, au moment où elle assume même la présidence
du Conseil de sécurité, ne peut qu'amener l'Otan à « lorgner » du
côté de son armée, jouissant d'un capital-expérience
très solide et d'un passé maritime sans commune mesure
avec l'ensemble de ses voisins.
Ajouter à cela le fait que les dix années de combat quasi solitaire
contre le terrorisme islamiste a conduit notre armée à acquérir
une expérience telle, que l'ensemble des pays occidentaux menacés
ont recours à ses conseils, ses fichiers et ses méthodes quand
il s'agit de déjouer des attentats ou bien de démanteler des
cellules soit actives, soit dormantes. Les exemples abondant dans ce sens ne
manquent certes pas, au point qu'Alger est devenue la capitale des colloques
relatifs à la lutte antiterroriste, abritant par ailleurs, le centre
africain relatif à la lutte contre ce fléau.
Ce n'est pas pour rien non plus si c'est Alger qui a été choisie
pour devenir le principal allié, pour ne pas dire le fer de lance de
la force MCM Forcesouth, ce qui s'explique également par le fait qu'il
sera également question de lutter contre le trafic de drogue et l'immigration
clandestine, deux phénomènes tout droit venus du Maroc, déjà en
butte à une fièvre terroriste qui mine en profondeur le trône
de Mohammed VI.
Ce n'est pas pour rien, du reste, si le commandant du détachement naval
relevant de la Force de lutte contre les mines du sud de l'Europe (Mcmfs/Otan),
le capitaine Paolo Polidoro a plaidé, hier, lors d'une conférence
de presse, pour une Méditerranée « plus sécurisée » à même
de prévenir contre « toute menace » sur la région. « La
présence de Mcmfs à Alger témoigne de l'importance accordée
par les pays membres de l'Otan à la coopération avec l'Algérie,
eu égard surtout à sa position stratégique dans l'espace
méditerranéen et aux potentialités énormes dont
elle dispose dans ce domaine », a ainsi confirmé le conférencier
lors de la conférence de presse donnée à bord de la frégate
italienne Alpino.
Après un bref rappel des missions dédiées à la
Mcmfs et ses champs d'intervention, conformément aux normes et aux règles
fixées par l'Otan, le commandant du détachement naval a estimé que
les exercices qui seront exécutés conjointement au large des
côtes algériennes, vont permettre de « tisser des liens
amicaux » afin, a-t-il dit, de « mieux connaître et
mieux communiquer ». « Le premier objectif de cette visite
est de faire connaissance de ce port important de la Méditerranée
et ce, à travers l'échange d'informations et d'expériences
dans la lutte contre les mines », a encore précisé le
capitaine Paolo Polidoro, mettant l'accent sur la nécessité de « multiplier
ce genre de contacts » pour « mieux maîtriser et contrôler
les voies de la communication en Méditerranée ».
Mohamed ABDOUN |
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