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BOUTEFLIKA
PROCHAINEMENT AU SIÈGE DE L'OTAN
Les « exigences » de l'Algérie
L'Expression,
16 décembre 2004 Le dialogue euro-méditerranéen élargi risque de
buter sur nombre de problèmes liés aux conflits régionaux
en suspens.
Sur invitation du
secrétaire général de l'Otan,
Jaap de Hoop Scheffer, le président de la République, Abdelaziz
Bouteflika, se rendra au siège de l'Otan à Bruxelles, prochainement,
pour y rencontrer « le Conseil de l'Atlantique Nord ».
Avec trois manoeuvres militaires tactiques en Méditerranée
en moins de quatre ans, l'Algérie a entamé de façon
remarquablement rapide ses contacts et son adhésion à l'Otan
et a intégré le « Dialogue méditerranéen »,
vaste programme politique conçu par les chefs de la diplomatie
de l'Otan et dirigé vers sept pays de la Méditerranée
et qui sont, outre l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie,
l'Egypte, Israël et la Jordanie. Mais si sur le plan militaire et
technique, les choses semblent aller dans le sens d'une adhésion
pleine sans état d'âme, au plan politique, des grincements
se font entendre, et l'Algérie a affiché de façon
claire ses engagements, mais aussi ses « réserves »,
dont une des plus importantes, mise en évidence aussi bien par
le président de la République que par le chef de la diplomatie
algérienne, Abdelaziz Belkhadem, est « d'apaiser les
foyers de tension et de régler les conflits au Moyen-Orient, notamment
en Palestine et en Irak », autrement dit, « il faut
qu'Israël se conforme aux résolutions de l'ONU et se retire
des territoires occupés ».
Dans un document écrit par un groupe de travail des AE algériennes
et remis, lors du 5e Séminaire international de recherche, organisé par
l'Idri et le Collège de défense de l'Otan, l'Algérie insistait
déjà sur « la promotion de la stabilité en Méditerranée
par le règlement des conflits en suspens dans le respect de la légalité internationale ».
Cet énoncé, qui représente la position politique du président,
est explicité par le fait que la Méditerranée reste « confrontée à des
conflits de souveraineté dont la persistance constitue non seulement
un sérieux obstacle à l'établissement d'un véritable
partenariat entre les pays riverains, mais également une source potentielle
de déstabilisation et de confrontation dans la région ».
Allant encore plus loin, le document énumère les conflits du
Proche-Orient, le problème sahraoui, la question chypriote, Gibraltar,
les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, l'île de Perejil-Leïla
et le conflit gréco-turc, sont autant de zones de tension que la « géographie
et l'histoire ont chargées de leur empreinte, dans l'espace méditerranéen »,
et il n'est pas certain, en outre, que la géopolitique « n'apporte
son lot de complications au tableau généra l».
En termes plus terre-à-terre, il est peu probable qu'un « Dialogue
euro-méditerranéen », même parrainé par
l'Otan, puisse réussir, alors que le différend algéro-marocain
connaît des pics de tension, alors que l'Etat d'Israël persiste à fouler
aux pieds la légalité internationale et à tourner le dos
aux résolutions onusiennes et que le Maroc sera obligé, un jour,
de revendiquer ses enclaves cédées à l'Espagne.
Pour l'Otan, qui infléchit sous la pression des Etats-Unis, l'essentiel
dans cette nouvelle approche est de garantir la sécurité dans
la Méditerranée, et dans cette optique, « la coopération
avec l'Algérie est extrêmement prometteuse », selon
les propres termes de Patrick Hardouin, secrétaire général
adjoint de l'Otan, en visite à Alger, il y a quatre jours. En fait,
c'est cela même l'intérêt général porté subitement à l'Algérie
depuis le 11 septembre: la contribution dans la lutte antiterroriste. D'un
côté, elle présente bien l'ensemble militaire le plus imposant
de la rive maghrébine de la Méditerranée et, d'un autre
côté, elle affiche une expérience majeure dans la lutte
antiterroriste dont ne peuvent se prévaloir ses voisins ni même
ses partenaires occidentaux. Et c'est ce qui pousse, aujourd'hui, la diplomatie
algérienne, menée en premier lieu par l'ancien ministre des Affaires étrangères,
aujourd'hui chef de l'Etat, d'user de cette carte pour introduire ses « exigences » politiques.
Les aspects techniques et militaires, désormais, suivront, et ne sont
plus suivis.
Fayçal OUKACI
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