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L'ANP
SE PRÉPARE À DES MISSIONS MÉDITERRANÉENNES
La
difficile mutation de l'armée algérienne
L'Expression,
13 décembre 2004
Trois exercices
militaires, et voilà l'ANP lancée de plein
fouet dans une nouvelle mutation.
Le passage du ban
de la communauté internationale au partenariat
avec l'Otan a été une longue étape de mutation de
l'ANP. En cinq ans, elle est arrivée à s'entendre avec
l'Otan sur la quasi-totalité des conditions et, de fait, de se
poser devant la porte de son adhésion. De 1999 à 2004,
les étapes franchies par l'Algérie ont été à ce
point rapides pour pousser à croire qu'aujourd'hui, l'Otan a réellement
besoin de l'Algérie.
On peut, certes, croire au coup de pouce des Etats-Unis, mais ce n'est
pas tout. En cinq ans, l'ANP a fait sa mutation, dans la douleur mais
non dans le sang : ce qui est déjà un petit miracle. L'institution militaire,
qui se trouvait au centre du pouvoir, au centre d'enjeux politiques et financiers
capitaux, a fini par s'auto-exclure du champ du temporel algérien pour
se mettre au diapason des nouvelles exigences édictées par les
grandes institutions militaires internationales.
Trois exercices militaires et stratégiques avec l'Otan en Méditerranée,
plusieurs contacts d'experts militaires, tant à Bruxelles qu'à Alger,
et voilà que se profilent des missions humanitaires et de maintien de
la paix. L'enjeu, à terme, est d'être une puissance régionale
et continentale sur laquelle peut compter l'ONU ou l'Otan. Mais cela passera
aussi par les ultimes choix de l'état-major: rajeunissement de sa direction,
passage à la professionnalisation, réduction des budgets, maîtrise
de la haute technicité militaire et contacts permanents avec les forces
multinationales. Il y a moins d'une année, il était du dernier
bien pour les hommes politiques, à la veille ou non d'une élection,
d'encenser l'état-major de l'armée. Aujourd'hui, il est presque
impudique de le faire: l'ANP est déjà loin de tout cela, et de
tout ce qui fut.
Fayçal
OUKACI |
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