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Démission
du général Lamari, chef d'état-major de l'armée
algérienne
ALGER, 3 août
(AFP)
Le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général
Mohamed Lamari, ayant joué un rôle clef dans la survie de l'Etat
face à la menace terroriste islamiste et dont l'influence a marqué la
vie politique pendant une décennie, a démissionné mardi
de ses fonctions.
La démission du général Lamari, "pour raison de santé",
a été acceptée par le président de la République
Abdelaziz Bouteflika, qui assume également les fonctions de ministre
de la défense, a annoncé un communiqué de la présidence
de la République.
M. Bouteflika a nommé comme nouveau chef d'état-major de l'armée
le général Salah Ahmed Gaid, commandant des forces terrestres.
Des rumeurs persistantes sur la démission du général Lamari
avaient circulé ces derniers jours à Alger, certains journaux,
la considérant comme acquise, n'hésitant pas à l'interpréter
comme une mise à l'écart de celui qui était considéré jusque-là comme
l'homme fort du régime.
L'absence du chef d'état-major lors de la visite à Alger du ministre
français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, à la
mi-juillet, avait suscité de nombreuses interrogations. Le ministre
de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, avait alors affirmé que le chef
d'état-major était en vacances.
Peu avant la campagne pour l'élection présidentielle du 8 avril
dernier, remportée par M. Bouteflika avec près de 85% des suffrages,
la presse avait fait état de "divergences" entre le chef de
l'Etat et le général Lamari.
Elle avait alors affirmé que M. Bouteflika avait été "lâché" par
l'armée, ayant choisi de soutenir son rival à la présidentielle,
Ali Benflis, son ancien chef de gouvernement et homme de confiance.
Seul dirigeant militaire à s'exprimer publiquement, le général
Lamari avait cependant affirmé la neutralité de l'armée,
assurant que celle-ci veillerait au respect de l'"ordre républicain" et
du "pluralisme politique".
La neutralité affichée de l'armée avait été perçue
comme une "première", alors que depuis l'indépendance
du pays en 1962, l'armée a toujours désigné ou fait élire
un président, d'Ahmed Ben Bella (1962/1965) à Chadli Bendjedid
(1978/1992), en passant par Houari Boumediene (1965/1978).
Même sous l'ère du pluralisme, lors des élections de 1995
et de 1999, il était de notoriété publique que l'armée
avait soutenu et obtenu la victoire du général Liamine Zéroual,
puis de M. Bouteflika, pour son premier mandat.
En première ligne dans la lutte contre les groupes armés islamistes
ayant mené, pendant plus de dix ans, de sanglants attentats et ébranlé le
pouvoir, le général Lamari a estimé que les forces armées
avaient permis par leur détermination de "sauvegarder" la
République.
Il a par ailleurs rejeté avec force les campagnes "calomnieuses",
notamment à l'étranger, contre l'armée algérienne,
accusée de massacres dans le cadre de la lutte contre les maquis islamistes.
Selon un bilan officiel, les violences en Algérie ont fait plus de 100.000
morts depuis 1992.
Considéré comme "laïc" et "républicain",
se définissant comme un fonctionnaire qui veut sauver l'Etat de la déliquescence,
populaire et respecté par ses troupes, Mohamed Lamari, né en
juin 1939 à Alger, s'est attaché tout au long de son mandat à maintenir
la cohésion de l'armée.
Seul officier à détenir le grade de général de
corps d'armée, il avait été nommé chef d'état-major
de l'Armée Nationale Populaire (ANP) en juillet 1993.
Ancien officier de l'armée française, ayant également
suivi une formation à l'Académie militaire de Moscou, Mohamed
Lamari avait ensuite exercé les fonctions de commandant de la 5ème
région de Constantine (nord-est) et de commandant en chef des forces
terrestres.
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