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DESCENTES POLICIÈRES DANS LES MILIEUX DE DÉLINQUANTS
69 711 interpellations en deux mois
Le Soir d'Algérie, 11 mai 2008
La Sureté nationale frappe fort dans les milieux criminels. Selon une source policière sûre, en l’espace de deux mois, soit janvier et février derniers, il a été mené 8053 opérations dites «coup-de-poing», qui ont abouti à l’interpellation de 69 711 personnes.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Ces opérations qui ont touché l’ensemble des wilayas du pays avaient pour objectif de «lutter contre la criminalité», mais également «une occupation rationnelle du terrain». A ce propos, notre source a indiqué que sur les 69 711 personnes interpellées, 1470 ont été placées sous mandat, 33 sous contrôle judiciaire et 281 ont bénéficié de la liberté provisoire. Les 67 927 autres mis en cause feront l’objet de citation directe. Il est, par ailleurs, important de noter que ces opérations dites «coupsde- poing» ont ciblé notamment les grandes a g g l o m é r a t i o n s urbaines, où il a été enregistré le plus grand nombre de personnes interpellées. C’est ainsi, qu’on indique que les villes d’Alger, d’Annaba et d’Oran arrivent en tête des grandes agglomérations touchées par ces descentes policières. «Les personnes interpellées sont poursuivies pour plusieurs délits, tels que la détention d’armes prohibées (couteaux, barres de fer), détention et usage de la drogue, séjours illégal etc.», explique notre source, qui ajoute que «certaines personnes recherchées par la justice ou faisant l’objet de mandat d’arrêt figurent parmi les personnes interpellées lors de ces descentes». Sur un autre plan, il est à noter que la Sureté nationale poursuit son plan de «rapprochement avec le citoyen», communément appelé «la police de proximité». En effet, cette dernière constitue, pour un grand nombre d’observateurs «l'outil idéal pour instaurer la confiance et limiter les violences urbaines parce qu'elle permet de désamorcer l'escalade dans nombre de conflits, et de combattre la criminalité sous toutes ses formes; comme elle se montre efficace pour éviter le genre d'affrontements qu'on connaît aujourd'hui, à savoir les violences urbaines, la consommation de drogue, d’autant qu’il existe une multitude de facteurs favorisant la délinquance comme le taux de chômage ou la fracture familiale, la pauvreté, etc.». Cela étant, il est à rappeler que le ministre de l’Intérieur, M. Yazid Zerhouni avait déclaré dernièrement que pour combattre la criminalité en Algérie, pas moins de 75 000 nouveaux policiers seront formés à l’horizon 2010. Interpellé par un député qui s’enquerrait des mesures prises par l’Etat pour maîtriser ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le ministre a précisé que chaque année, l’Etat forme pas moins de 15 000 policiers, contre seulement 6 000 il y a quelques années. Le représentant du gouvernement reconnaîtra toutefois que, depuis le début des années 1990, tous les efforts et moyens ont été consentis en direction de la lutte contre le terrorisme en Algérie au détriment du renforcement de la sécurité contre les autres formes de criminalité. Ce n’est qu’à partir de 2005, a-t-il ajouté, que les autorités ont sérieusement mis le paquet pour rattraper ce retard en mettant l’accent sur l’action de la Gendarmerie nationale et de la Sûreté nationale.
A. B.
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