| |
|
APRÈS
LES PROTESTATIONS TCHADIENNES
Zerhouni
se justifie
L'Expression,
21 juillet 2004
Une simple interprétation sémantique serait à l’origine
de l’incident diplomatique entre Alger et N’Djamena.
Si les autorités diplomatiques algériennes se sont bien
gardées de réagir à la convocation de notre ambassadeur
au Tchad, Yazid Zerhouni, qui se trouve à l’origine de l’incident
diplomatique entre Alger et N’Djamena, a profité de sa rencontre
avec les médias publics pour tenter de se justifier, et d’atténuer
les graves conséquences qui en ont découlé sur la
diplomatie algérienne. C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur,
Nourredine Yazid Zerhouni s’est déclaré hier «surpris» que
ses propos «aient été déformés par
un journaliste» à propos de l’extradition du terroriste
Amari Saïfi, alias Abderazak El Para. Le responsable algérien,
dans le registre des justifications, se perd en conjectures pour rappeler
avoir «dit que nous avons des contacts en vue d’obtenir l’extradition
et de faire juger ce criminel à Alger». Cela avant d’ajouter
que «quand on parle d’extradition, il s’agit de discussions
entre les Etats. C’est un problème de sémantique,
c’est sûr, mais la sémantique ne doit pas s’éloigner
de la substance». Il est certain qu’une pareille sortie ne
peut que tempérer le froid brusquement apparu entre Alger et N’Djamena à la
suite de supposés contacts intervenus entre notre pays et la rébellion
armée au Tchad dénommée Mdjt (Mouvement pour la
démocratie et la justice tchadiennes), qui détiendrait
El Para et certains de ses lieutenants, perdus dans les zones de conflit
alors qu’ils tentaient de chercher des vivres et des armes dans
ces régions sahéliennes. Il n’en demeure pas moins,
comme le soulignent des observateurs avertis, qu’une réaction
officielle de la diplomatie algérienne est plus que souhaitable.
D’autant que la sortie de Zerhouni, lors de sa conférence
de presse commune en compagnie de la ministre française de la
Défense, ne laissait de doute pour personne, comme le soulignaient
tous les médias intéressés par le sujet, et non
pas un seul journaliste. Toujours est-il que la «rétractation» du
ministre de l’Intérieur, connu pour ses nombreuses sorties «intempestives»,
relance un peu plus le débat sur le sort véritable d’El
Para. Il est absolument inconcevable qu’Alger négocie avec
les autorités officielles de N’Djamena à propos de
cette question, attendu qu’elles ne disposent d’aucun pouvoir
sur cette rébellion armée.
Une pareille initiative, que soutient Zerhouni, servirait même
l’effet inverse, car elle pourrait déchaîner le courroux
du Mdjt, et l’amener à livrer ce très précieux
prisonnier à d’autres Etats qui le recherchent, à l’instar
de la Libye et de l’Allemagne. Il semble que la version la plus
plausible ait consisté en une discrète «extradition» d’El
Para vers Alger grâce à une efficace médiation des
services libyens qui connaissent parfaitement la région ainsi
que les différentes forces qui s’y affrontent.
Ali OUSSI
Voir:
Touristes
enlevés dans le Sahara et les dessous de l'affaire (act.
22.07.04) |
|
|