| |
|
Otages autrichiens: ultimes négociations avant l'expiration de l'ultimatum
Par Serge DANIEL,
BAMAKO, 23 mars 2008 (AFP)
Les négociations se sont poursuivies avant l'expiration dimanche soir de l'ultimatum de la branche d'Al-Qaïda au Maghreb pour la libération de deux Autrichiens enlevés le 22 février, mais la situation dans le nord du Mali, où seraient détenus les otages, se détériore rapidement.
L'armée malienne a envoyé dimanche des renforts dans l'extrême nord du pays après les affrontements de samedi avec des rebelles touareg menés par Ibrahim Ag Bahanga. Depuis jeudi, au moins huit personnes, dont cinq civils, ont été tuées par des mines et 33 militaires enlevés par la rébellion.
Ces nouvelles violences, qui ont rompu une trêve de six mois entre les autorités de Bamako et les rebelles touareg, pourraient compliquer la libération des deux touristes autrichiens.
Les ravisseurs avaient donné jusqu'à dimanche soir pour libérer leurs otages en contrepartie de la remise en liberté d'islamistes détenus en Algérie et en Tunisie. Ils avaient également menacé de tuer les Autrichiens en cas de tentative de les libérer par la force.
Ils avaient une première fois prolongé d'une semaine cet ultimatum pour donner plus de temps à la négociation. Selon plusieurs sources proches du dossier, ils pourraient de nouveau le repousser.
"Pour la sécurité des otages et celle des personnes sur le terrain (au Mali), nous ne voulons pas donner de détails sur l'opération", a simplement indiqué dimanche à l'AFP le porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères.
Wolfgang Ebner, 51 ans, et Andrea Kloiber, 44 ans, ont été enlevés le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie. En Autriche, le leader autrichien d'extrême droite Jörg Haider a réaffirmé dimanche que le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, était en contact avec les ravisseurs des deux Autrichiens. Il a précisé que c'était une "initiative personnelle" du fils Kadhafi.
M. Haider avait déjà affirmé samedi que Seif al-Islam, président de la Fondation Kadhafi, était en contact avec les ravisseurs et qu'il était optimiste quant à une prochaine libération.
La Fondation Kadhafi a de son côté nié dimanche tout "contact direct ou indirect" avec les preneurs d'otages. "La Fondation n'a procédé à aucune intervention ou effort et n'a pas eu de contacts directs ou indirects avec les ravisseurs malgré les demandes adressées à la Fondation et à son président", a-t-elle indiqué dans un communiqué à Tripoli.
La Fondation, qui a exprimé "sa sympathie" aux familles des otages, a espéré "une fin rapide à cette opération de prise d'otages". La Fondation Kadhafi avait joué un rôle important dans le dénouement de plusieurs prises d'otages dans la région, notamment dans la libération il y a cinq ans de 32 Européens, parmi lesquels se trouvaient dix Autrichiens.
Le ministre algérien de l'Intérieur Yazid Zerhouni a de son côté réaffirmé samedi que l'Algérie n'était "pas concernée" par l'affaire des deux otages autrichiens.
Dans ce contexte tendu, l'armée malienne a envoyé des renforts de troupes dans l'extrême nord du pays après les affrontements de samedi avec des rebelles touareg.
Aucun bilan de ces affrontements n'est disponible. Des rebelles avaient attaqué samedi matin avec des mitrailleuses une patrouille de l'armée à 30 km au nord de la localité d'Abeïbara, située entre Tinzaouatène, ville frontalière de l'Algérie, et Kidal le chef-lieu de la région, selon des notables locaux.
Des représentants des communautés arabes et touareg des trois régions du nord du Mali ont par ailleurs condamné dimanche à Bamako les violences de ces derniers jours.
|
|
Touristes enlevés dans le Sahara |