TROIS HYPOTHÈSES CIRCULENT ACTUELLEMENT

Spéculations sur le sort de Hassan Hattab

Par : MOHAMED BEN MESSAOUD, Liberté, 30 septembre 2007

En l’absence d’informations officielles sur le sort du fondateur du GSPC, les spéculations vont bon train jusqu’à le donner pour mort, abattu par les proches de Droukdel.

Depuis jeudi dernier, les spéculations vont bon train, dans les différentes rédactions, sur le sort de Hassan Hattab, alias Abou Hamza, le fondateur du GSPC. L’absence d’information officielle a donné libre court à toutes les supputations. Jusqu’à hier, trois hypothèses sont avancées. Selon la première, il se serait rendu pour bénéficier des dispositions relatives à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. La seconde évoque son arrestation par les services de sécurité algériens, après qu’il eut manifesté sa volonté de reprendre ses activités terroristes après une trêve de près de 4 ans déjà. Enfin, la troisième le donne pour mort abattu soit par les services de sécurité soit par al-Qaïda au pays du Maghreb.
Plusieurs titres de la presse nationale avaient rapporté dans leur édition d’hier que le fondateur du GSPC s’est rendu, au courant de la semaine passée, aux services de sécurité de la circonscription de Hussein-Dey à Alger. L’opération se serait déroulée juste après la rupture du f’tour. Hassan Hattab, qui était toujours, selon cette hypothèse, en compagnie au moins d’un de ses lieutenants, aurait terminé, ainsi, un processus qu’il avait entamé en 2005 pour bénéficier des textes sur la concorde d’autant plus que des proches à lui auraient entamé des démarches dans ce sens avant l’expiration du délai imparti aux redditions.
La veille, le quotidien londonien El-Hayet a donné l’information selon laquelle l’ex-“émir” du GSPC aurait été arrêté par les services de sécurité algériens, toujours dans le quartier algérois d’Hussein-Dey, alors qu’il participait à la rupture du jeûne en compagnie de repentis ayant déposé les armes par le passé.
En plus des deux hypothèses déjà citées, on avance une troisième, celle qui donne Hassan Hattab pour mort après avoir été abattu par un commando chargé par Droukdel de le liquider physiquement. Selon cette hypothèse, l’information le donnant pour “capturé” par les services de sécurité a été savamment distillée par les réseaux de Droukdel, pour brouiller les pistes et éviter un mécontentement au sein de ses troupes comme celui qu’a créé la tentative d’assassinat de l’ex-“émir” repenti, Kartali.
Faute d’une communication de la part des services chargés de faire de la gestion de l’information, une arme, comme toute autre arme, dans la lutte antiterroriste, le nombre des hypothèses risque de se multiplier au gré des rumeurs.
Pour rappel, Hassan Hattab, en scission avec les chefs du GIA, qui s’est versé dans les massacres collectifs, a fondé en 1998 le GSPC. Selon des repentis, cette scission a été entreprise avec la bénédiction des représentants de Ben Laden qui s’avéra être, trois années plus tard, le chef de toute la nébuleuse connue sous l’appellation d’Al-Qaïda. Selon ces mêmes repentis, juste après les attentats de septembre 2001, Abou Hamza commença à se démarquer de l’internationale salafiste. L’été 2003, il quitta le commandement du GSPC. Pour les uns, il fut démis, pour les autres, c’est lui qui a demandé à être déchargé de ses fonctions.
Il sombra dans l’anonymat jusqu’au jour où il publia un communiqué faisant l’éloge de la politique de réconciliation prônée par le président de la République. L’actuel “émir” du GSPC qui plaça cette organisation terroriste dans le giron d’Al-Qaïda dès l’été 2006, ordonna la liquidation de Hassan Hattab. Après les derniers attentats, selon certaines sources, Hassan Hattab aurait menacé de reprendre son activisme. Il aurait même envoyé une missive dans ce sens à Droukdel qui, lui aussi, a été éjecté du GSPC en raison des échecs subis par l’organisation terroriste.

MOHAMED BEN MESSAOUD

   
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