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Affaire des touristes otages libérés Le silence de Berlin et les revendications d'Abderezak El Para
Les
touristes otages sont libres, le groupe terroriste qui les a enlevés,
il y a plus de six mois dans le désert algérien, l'est
aussi. Une rançon a été payée pour que les
14 otages dont 9 Allemands, 4 Suisses et 1 Néerlandais recouvrent
« sains et saufs » leur liberté. Une rançon
de 5 millions d'euros, dont on ne sait si elle a été versée
par le Mali, que l'Allemagne remboursera sous forme d'aide au développement
local, par la Libye ou par le truchement d'un autre pays. Une seule
certitude : l'argent a bel et bien été versé aux
terroristes. Jeudi dernier, l'AFP citant des sources diplomatiques rapportait
que la rançon a été payée « à
l'initiative de la Libye elle-même et que l'argent n'a transité
ni entre les mains maliennes ni entre des mains allemandes ».
Fait qui met l'Allemagne et les pays concernés par cette affaire
dans une inconfortable situation. Le paiement de la rançon, une
autre des concessions faites aux ravisseurs à qui l'on a permis
de mettre les voiles - faits qui vont à l'encontre des conventions
internationales en matière de lutte antiterroriste -, a été
l'un des points soulevés par les journalistes lors de la conférence
de presse donnée hier par le ministre allemand des Affaires étrangères.
Joschka Fischer, rapporte l'AFP, a refusé de s'exprimer sur le
versement de la rançon. « Le gouvernement allemand a toujours
eu une position claire » dans l'affaire, s'est-il contenté
de dire avant de souligner que Berlin se « réjouit de l'heureuse
issue » de la crise pour 14 otages et déplore la mort d'une
otage. « Pour ce qui est du reste, nous ne le commenterons pas.
» Le porte-parole de son département avait, pour sa part,
indiqué bien avant la conférence de presse qu'il s'en
tenait aux déclarations faites mardi par le chancelier Gerhard
Schroeder, qui avait refusé de commenter « de telles questions
pour de bonnes raisons ». Quelles raisons font que l'Allemagne
ne dément pas le versement de la rançon au groupe terroriste
? Groupe dont le chef Abderezak El Para, numéro 2 du Groupe salafiste
pour la prédication et le combat (GSPC), a revendiqué
l'enlèvement des 32 touristes. Dans son édition d'aujourd'hui,
le journal El Khabar publie un communiqué dans lequel le chef
terroriste informe de la libération des 14 otages. Un communiqué
que notre confrère dit authentique, daté du 18 août
2003 et intitulé : « De l'« émir » de
la zone 5, Abou Haïdara Abderezak Amari El Aurassi, à tous
les moyens d'information. » Il y est souligné que les «
otages ont été libérés lundi 18 août
à 4 h 45 GMT sains et saufs à la demande d'un groupe et
les bons offices de notables de la région ». Si le communiqué
ne précise pas de quel groupe il s'agit, il n'omet pas, en revanche,
d'indiquer que les 17 otages « n'ont pas été libérés
par l'armée algérienne » mais par « les moudjahidine
» qui ont choisi de les laisser partir. Sujet qu'il dit ne pas
pouvoir détailler faute de temps. L'armée algérienne
a également été citée par le président
du comité des médiateurs. Le colonel Amadou Baba Touré,
commissaire de la région de Gao, qui revient sur le film des
négociations et de la libération, révèle
que la situation s'est compliquée « quand le groupe, disposant
de moyens de communication sophistiqués, s'est dit avisé
d'un assaut imminent de militaires algériens, armés et
postés non loin de la frontière algéro-malienne.
Les ravisseurs ont alors décidé pour prévenir toute
attaque surprise de séparer les otages, mais la médiation
a réussi à ne pas faire déraper la situation ».
Le colonel raconte que « les douze derniers jours, nous étions
sans armes, et nous vivions, mangions et dormions avec eux. Une fois
la confiance définitivement installée, ils ont décidé
de nous remettre les otages ». Un épilogue qui suscite
une multitude d'interrogations sur la gestion de cette affaire. |
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www.algeria-watch.org
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