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LES
SECRETS DES TRACTATIONS À L’ORIGINE
DES REDDITIONS
Comment
l’armée a réussi l’exploit
L'Expression,
25 avril 2004
Ces redditions constituent
une victoire éclatante du chef de
l’Etat qui tient là sa promesse de rétablissement
de la paix.
Les très importantes redditions enregistrées ces derniers
jours sont le fruit d’un travail de longue haleine fourni par un
nombre très important d’acteurs, encadrés par les
services du général Smaïl, premier responsable du
Département de renseignement et sécurité (DRS).
C’est ce qu’ont révélé des sources autorisées à L’Expression.
L’opération qui a abouti à plusieurs dizaines de
redditions prend son origine d’un plan mis en place depuis plusieurs
mois et dont le principal objectif était d’amener un maximum
de terroristes à déposer les armes. Bâti sur le principe
de la totale discrétion, ledit plan du DRS surprend par son ampleur
et son ambition. En effet, nos sources précisent que les éléments
de ce service de sécurité se sont déployés
sur tout le territoire national, avec pour première mission de
réaliser le plus vaste maillage possible autours des groupes terroristes
encore actifs. C’est ainsi que d’anciens repentis, des familles
de terroristes et de nombreux ex-leaders des groupes armés ont été associés à la
plus importante opération jamais entreprise ces dernières
années. Le gigantisme de l’opération tient dans le
fait, précisent les mêmes sources, que les contacts ont
privilégié les hommes de troupes et non pas les émirs.
Un état de fait qui rend sans doute autrement plus complexes les
manoeuvres d’approche. Ceci étant et à voir les premiers
résultats dudit plan, on en saisit aisément le degré de
réussite. Une réussite d’autant plus évidente
que le DRS n’a négligé aucune piste pour entrer en
contact avec les organisations terroristes. Ainsi, que ce soit Ali Benhadjar
ex-émir du GIA dissident, Madani Mezrag ex-émir de l’AIS
ou Ahmed Benaïcha responsable de la même organisation à l’ouest
du pays, pour ne citer que ceux-là, ont été associés
au plan du DRS. D’innombrables missions menées avec un souci
de la précision hors du commun, ont été menées
par des repentis de divers niveaux de responsabilité. Ces dernières
ont permis de nouer les premiers contacts avec des éléments
du GIA, du Gspc, du HDS et du Gspd, réputés sûrs
et à même de garder le secret. C’est ainsi que la
graine de la reddition a été semée dans le corps
des groupes terroristes au niveau des troupes.
Il y a deux mois et demi, les premiers fruits commençaient à être
cueillis avec notamment des redditions de petits groupes de terroristes
un peu partout sur le territoire national. Au vu de l’importance
du dispositif d’approche mis en place par les autorités
sécuritaires le phénomène ne pouvait évoluer
que de manière exponentielle. C’est ce qui s’est produit
effectivement, puisque on a fait en sorte que chaque reddition fasse
le tour des maquis et parvienne aux oreilles des hommes de troupe de
la quasi-totalité des organisations terroristes. Les nouveaux
repentis ont également été impliqués dans
le plan et ont reçu pour mission de faire descendre leurs acolytes.
En fait, le succès de l’opération est, affirment
nos sources, spectaculaire. Cet état de fait est essentiellement
lié au professionnalisme dont ont fait montre les officiers du
renseignement algériens qui signent là l’un de leur
plus important exploit. Il y a lieu également de souligner que
le DRS a bénéficié d’une conjoncture politique
favorable avec le retour à la stabilité institutionnelle
du pays et l’environnement international dominé par la lutte
antiterroriste. Mais son meilleur atout a été, insistent
nos sources, le reflux du discours intégriste radical en Algérie
et le net recul de l’islamisme dans sa globalité. Le morcellement
de cette mouvance, constaté à l’occasion de la dernière élection
présidentielle, a ôté tout espoir aux islamistes
armés de réaliser leur rêve de République
islamique. Ils ont, en fait, compris que la société a rejeté leur
projet et il ne leur reste que la reddition comme seule sortie de secours.
L’échec historique de l’islamisme en Algérie
constitue donc un facteur prépondérant qui expliquerait
la disponibilité des terroristes à répondre à l’appel
de la République. Un échec qui contraste d’ailleurs
avec un regain significatif du discours radical dans de nombreux pays
arabes, à l’image de l’Arabie Saoudite et du Maroc
qui fournissent actuellement l’essentiel des troupes au service
du terrorisme international. Lesquels intégristes sont soutenus
par des formations politiques de plus en plus virulentes vis-à-vis
des régimes arabes.
Enfin, au plan politique, il est clair que ces redditions constituent
une victoire éclatante du chef de l’Etat qui tient là sa
promesse de rétablissement de la paix. En effet, Bouteflika, artisan
de la concorde civile, est politiquement le premier bénéficiaire
de cette situation. On peut dire qu’il démarre son second
mandat sur les chapeaux de roue, au même titre que le précédent
qui, à travers la loi sur la concorde civile, a réussi à faire
baisser la violence de plusieurs crans. Après une élection
saluée par l’écrasante majorité de la communauté internationale
et avec les dernières redditions, le président de la République
dispose désormais de tous les leviers pour placer l’Algérie
sur une orbite de développement réel. Les investisseurs,
qui craignaient le pays pour des raisons d’instabilité politique
et d’insécurité, seront donc autrement plus nombreux
que les cinq dernières années. Le nouveau quinquennat de
Bouteflika s’annonce sous de très bons auspices et il est
attendu un décollage conséquent de l’économie
nationale.
Mourad SID-ALI
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