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Algérie
: les prédictions
de Khaled Nezzar sur une recrudescence de la violence
Risques
Internationaux, 6 février 2004, http://www.risques-internationaux.com/
Le général Nezzar, chef de file des militaires « janviéristes » qui
avaient démis Chadli en janvier 1992 dénonce le « laxisme » du
président Bouteflika et prédit une nouvelle flambée
de violence.
«
Dix années d’efforts et de sacrifices de l’ANP (armée
nationale populaire), dix années de résistance de notre peuple
ont été réduites à néant par une politique
faite de laxisme et d’ambiguité… Abdelhaziz Bouteflika
(…) a délibérément lié les mains des
unités spéciales de l’ANP... » Dans ses
déclarations du 3 février dernier au journal « le Soir d’Algérie »,
le général Khaled Nezzar ne fait pas dans la dentelle : il
accuse l’actuel président algérien de porter la responsabilité d’un « fiasco
diplomatique dans une affaire intéressant la sécurité nationale » et
qui est « en train de produire des conséquences qui se traduiront
par la mort de nombreux citoyens algériens ».
Mais de quoi s’agit-il au juste ? De « l’affaire des
otages européens de l’été dernier », nous
explique le général en retraite : « Le danger potentiel
sur la vie de quelques touristes fourvoyés imprudemment et illégalement
dans le Sahara algérien a prévalu sur la certitude de voir
se déverser en Algérie des armes dont nous venons de voir
un petit échantillon » (il s’agit là des armes qui ont été montrées en début de semaine à la
télévision algérienne, sensées appartenir à un
groupe armé du GSPC de l’émir Abderedzak El-Para, qui
se serait enrichi, selon Nezzar et de nombreux commentateurs militaires,
grâce à la rançon versée par les Allemands pour
récupérer les touristes germanophones perdus à la
frontière du Mali l’été dernier).
Ce nouveau rebondissement dans la campagne des élections présidentielles
algériennes est malheureusement plus inquiétant que les précédents.
Il monte en épingle le « coup de filet » qui aurait,
selon la hiérarchie militaire algérienne, été réalisé au
début de ce mois, par la sixième région militaire,
dans la région de Tinzaouatine, à la frontière malienne,
contre des troupes armées du GSPC responsables de la prise en otage
des touriste allemands, suisses et autrichiens. Il dramatise à l’envie
la portée des armées interceptées, « des armes
offensives que l’on ne retrouve que dans les garnisons militaires
et les casernes », selon une source de l’état-major
algérien, et sensées avoir été achetées
grâce à la rançon de 4,6 millions d’euros (sic)
payée pour des touristes imprudents. Le fait qu’un général
aussi emblématique que Nezzar annonce une reprise de la violence,
sous les coups de boutoir d’un groupe, le GSPC, accusé d’entretenir
des liens avec Al Qaida, prouve une volonté délibérée
de préparer l’opinion internationale à de nouvelles
violences… Qui pourraient bien être plus que virtuelles, de
quelque coté qu’elles viennent.
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