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Abderrezak
El Para libéré par les rebelles tchadiens
Le Matin, 3 juin 2004
Selon Radio France
internationale (RFI) Amari Saïfi, 36 ans, plus
connu sous le nom d'Abderrezak El Para, numéro deux du GSPC, serait
non seulement bien vivant, mais a été remis en liberté par
ses ravisseurs du Mouvement pour la démocratie et la justice tchadien
(MDJT), opérant dans la région du Tibesti (Tchad).
Aux mains de ce groupe rebelle tchadien depuis près d'un mois,
El Para a été relâché avec deux de ses lieutenants
contre une rançon de 200 000 euros payés par le GSPC, affirme
RFI citant des sources tchadiennes. Toujours selon RFI, le MDJT aurait
d'abord fait une offre au gouvernement algérien afin qu'il récupère
le chef du GSPC. Ce dernier aurait refusé. D'autres informations
indiquent que la même proposition aurait été faite
aux gouvernements allemand, malien, libyen et nigérien, provoquant
le mécontentement du Président tchadien, Driss Déby. « Nous
allons étudier toutes les propositions qui nous seront faites
par les gouvernements intéressés », déclarait
une source proche du MDJT à notre confrère Liberté.
Mais ne voyant rien venir, les rebelles tchadiens ont donc accepté de
monnayer la libération d'El Para avec le GSPC. Il est vrai que
depuis le versement par le gouvernement allemand de 5 millions d'euros
pour la libération des ressortissants aux mains du GSPC en février
2003, ce dernier ne manque pas d'argent et a donc payé le prix
fort pour récupérer l'un de ses chefs.
Pour mémoire, le chef islamiste, dont on dit qu'il aurait fait
allégeance à Al Qaïda, s'était installé dans
une région à cheval sur l'Algérie et le Mali dans
la perspective de fédérer, sous la bannière d'Al
Qaïda, tous les groupes armés opposés aux régimes
en place. Le MDJT, qui le retenait prisonnier, n'a pas marché dans
la combine pour la simple raison qu'il n'est pas d'obédience islamiste.
Le régime libyen aurait également tenté de récupérer
El Para sans doute pour lui extorquer des informations sur les liens
entre ses islamistes locaux et Ben Laden. La Libye, en effet, bien avant
les attentats du World Trade Center, a été le premier pays à avoir
lancé un mandat d'arrêt international contre Oussama Ben
Laden pour tentative d'assassinat contre le leader libyen Mouamar Kadhafi.
L'Allemagne, enfin, qui avait lancé à son encontre un mandat
d'arrêt international en septembre 2003, a cherché à le
récupérer afin de le juger pour l'enlèvement des
32 touristes européens dont 16 Allemands. Au final, c'est le GSPC
qui a soufflé la mise à toutes les parties, dont la partie
algérienne, toutes intéressées par le sort du chef
islamiste. Et mieux ou plutôt pire, Abderrezak El Para pourrait
de nouveau faire parler de lui au pays. Et s'il décidait de se
rendre aux autorités il pourrait bénéficier, au
moins partiellement, de la mesure de réconciliation nationale.
A moins que les forces de sécurité ne réussissent à le
neutraliser avant qu'il ne négocie sa reddition pour retrouver
la « vie civile », comme l'ont eue avant lui Madani Mezrag,
Ahmed Benaïcha A suivre.
Hassane Zerrouky
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