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Le
département d’Etat américain à propos
d’El-Para
«
C’est à l’Algérie qu’il doit être
remis»
La Nouvelle République, 20 juin
2004
Lors d’un point de presse tenu le 17 juin dernier, le porte-parole
du département d’Etat américain, Richard Boucher,
a déclaré qu’un groupe armé de la rébellion
tchadienne le MJDT (Mouvement pour la justice et la démocratie
au Tchad) détient Amari Saïfi dit Abderrezak El-Para, chef
de l’organisation terroriste GSPC (Groupe salafiste pour la prédication
et le combat). Et d’ajouter que le terroriste en question et ses
complice «doivent être remis aux autorités algériennes
dans les meilleurs délais afin d’être jugés
sur la base des charges qui pèsent contre eux».
A la suite d’une telle déclaration sans ambages, la question
qui se pose est celle de savoir pourquoi le département d’Etat
américain ne réagit que maintenant alors que la capture
d’«El-Para» par les rebelles tchadiens remonte à plusieurs
semaines lorsque la presse internationale en a fait état dans
ses colonnes et notamment l’AFP citant des sources diplomatiques
et de sécurité à Bamako, capitale du Mali ? Et ces
mêmes sources d’indiquer, toujours selon l’AFP, que
Amari-Saïfi, dit «El-Para», pourrait être livré aux
Allemands et servir de monnaie d’échange tout en soulignant
que le groupe armée à savoir le MJDT (Mouvement pour la
justice et la démocratie au Tchad) «ferait un beau geste
dans la lutte contre le terrorisme en le livrant à qui de droit».
Reste maintenant à savoir à qui faisait allusion le diplomate
africain en poste dans la capitale malienne en déclarant qu’El-Para
devrait être livré à qui de droit. Est-ce l’Allemagne
qui avait, rappelons-le, libéré un groupe de touristes
suite à une négociation avec les terroristes sur la base
d’une rançon ? Ou est-ce l’Algérie qui avait
pu libérer un premier groupe de touristes européens à la
suite d’un coup de boutoir des forces de l’ANP ? Deux pays
n’ayant apparemment pas adopté les mêmes méthodes
pour un seul et même problème. La réaction du département
d’Etat américain semble être en accord avec la position
algérienne sur le fait qu’en aucun cas, il pourrait y avoir
négociation pour l’extradition d’El-Para sans l’existence
d’un mandat d’arrêt algérien. Le ton ferme adopté par
les Etats-Unis, à travers la déclaration de son porte-parole,
signifiant qu’il revient aux autorités algériennes
qu’il revient de juger Amari Saïfi, illustre combien les Etats-Unis
d’Amérique tiennent à ce que la méthode allemande
ne se renouvelle plus : le versement d’une rançon à quelque
groupe que ce soit. C’est du moins une des lectures faite par les
observateurs à la suite de la déclaration de Richad Boucher.
20-06-2004
O. Cheikh
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