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TENTATIVE
D'INTRODUCTION D'ARMES PAR LES FRONTIÈRES
SUD
Nezzar
accuse Bouteflika
Le
Soir d'Algérie, 3 février 2004 Les Algériens ont pu voir sur leurs petits écrans les édifiantes
images de ces centaines d’armes de guerre remontant vers les maquis
intégristes du nord de l’Algérie : mitrailleuses
lourdes efficaces contre les avions, mortiers capables de transformer
les rues des villes algériennes en abattoirs (rappelons- nous
les foules bosniaques déchiquetées par des volets d’obus),
grenades à fragmentation destinées à s’abattre
au milieu de transports de troupes, fusils à lunette dont des
snipers décidés auraient pu faire un terrifiant usage contre
nos cadres.
Ce convoi d’armes, fort heureusement intercepté par l’ANP,
est-il le premier à avoir tenté le passage ? Sera-t-il
suivi par d’autres ? Faut-il voir dans cette équipée
terroriste, qui a mal tourné, l’action d’une main étrangère
attelée avec constance à fomenter des troubles en Algérie
ou le résultat de l’incohérence de la gestion diplomatique
de l’affaire des otages européens de l’été dernier
? Lorsqu’on se rappelle que les premiers maquis intégristes
ont commencé leurs forfaits avec des pistolets de calibres 6,35
et 7,65 fournis par une petite contrebande nord-africaine, on s’interroge
sur les raisons d’un tel saut quantitatif et qualitatif. Dix années
d’efforts et de sacrifices de l’ANP, dix années de
résistance de notre peuple ont été réduites à néant
par une politique faite de laxisme et d’ambiguïté.
La concorde civile, souhaitée ou acceptée par la majorité de
notre peuple, s’est transformée, au gré des petites
phrases, des longs discours et des actes de compromission, e n démarche
qui a revigoré le projet intégriste et conforté les
espérances de ses tenants qui ont opté pour la violence.
Abdelaziz Bouteflika, attentif à apparaître aux yeux de
l’opinion publique étrangère comme un homme de paix
et de réconciliation, a délibérément et sciemment
lié les mains des unités spéciales de l’ANP
qui avaient réussi à repérer et à encercler
Abderrazak dit “le Para” et ses groupuscules de tueurs. Il
a empêché l’ANP de mettre hors d’état
de nuire la meute terroriste et de libérer par la force les personnes
retenues prisonnières. Le danger potentiel sur la vie de quelques
touristes européens, fourvoyés imprudemment et illégalement
dans le Sahara algérien a prévalu sur la certitude de voir
se déverser en Algérie les armes dont nous venons de voir
un petit échantillon. Le principe sacro-saint, invariablement
respecté par tous les Etats du monde, imposé d’ailleurs
par l’Amérique et l’Europe, principe qui veut qu’on
ne cède jamais au chantage de preneurs d’otages, n’a
pas prévalu pour l’Algérie. Ce fiasco diplomatique
dans une affaire intéressant la sécurité nationale,
dont le président Bouteflika porte seul la responsabilité,
est en train de produire des conséquences qui se traduiront par
la mort de nombreux citoyens algériens. Le boulevard ouvert aux
terroristes afin qu’ils puissent se replier en toute quiétude
est devenu le couloir par où pénètre la mort en
Algérie. Les millions d’euros dont a bénéficié Abderrazak “le
Para” lui ont permis de faire une jonction avec des trafiquants
d’armes et d’apparaître aux yeux de l’internationale
terroriste — et du réseau Al Qaïda — comme un
maillon crédible dans cette partie de l’Afrique du Nord.
Ce rebond tragique des évènements de l’été dernier
démontre que la convergence stratégique entre les deux
institutions — la militaire, en charge de la défense du
territoire, présente sur le terrain et qui combat et qui meurt
; la présidentielle, en charge de l’action politique et
diplomatique, et qui semble vivre, elle, dans une Algérie virtuelle — n’existe
plus. Les troupes algériennes, à quelque corps qu’elles
appartiennent, paieront, hélas, le prix fort pour réparer
les dégâts. Nos parlementaires, qui viennent de décider
d’enquêter sur les atteintes à la Constitution et
sur l’utilisation de fonds publics dans une opération électoraliste
qui ne dit pas son nom, devraient également s’intéresser
de près – la loi les y autorise – aux manœuvres à l’issue
desquelles les preneurs d’otages se sont constitués d’abord
un trésor de guerre, ensuite un arsenal. Les victimes algériennes
de tant d’irresponsabilité interpellent leurs consciences.
Khaled Nezzar
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Le Soir d'Algérie,
7 février 2003 Sollicité pour apporter un commentaire à l’accusation
du général à la retraite Khaled Nezzar concernant
le fait que le président Bouteflika ait empêché les
forces de l’ANP d’intervenir pour libérer les touristes étrangers
faits otages par le GSPC, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur
et des Collectivités locales aura cette réplique : “Posez
donc la question à Nezzar. ll vient de rentrer d’un long
voyage aux Etats-Unis. Peut-être qu’il est mieux informé que
nous”. Et d’ajouter : “En tout cas, pour ce qui nous
concerne, il y a une parfaite coordination entre les différentes
autorités chargées de la lutte antiterroriste et les autorités
publiques.” |
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