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Otages sahariens: la négociation secrète «Pas d'assaut, pas d'islamistes, pas de victime et - pour l'instant - pas de rançon», affirme-t-on à Alger, dans certains milieux proches de l'enquête sur l'enlèvement des touristes européens dans le grand sud saharien. Dix-sept des trente-deux
touristes disparus depuis près de trois mois ont été
libérés mercredi par l'armée algérienne. Les quinze otages restants - quatre Suisses, dix Allemands et un Néerlandais sont toujours aux mains d'un deuxième groupe de ravisseurs, près d'Illizi - à 1500 kilomètres au sud d'Alger - dans une région de grottes et de plateaux très difficile d'accès. Les autorités suisses ont passablement critiqué la gestion de cette libération partielle et sa médiatisation qui - selon Berne - met gravement en péril le sort des quinze autres otages. De sources helvétiques et algériennes autorisées, ont contesté fermement la version officielle de toute cette affaire. La première rectification concerne l'identité des ravisseurs qui seraient des hommes de main de Mokhtar Belmokhtar. Cette vieille connaissance des services algériens n'est absolument pas liée au GSPC. Bien qu'ayant travaillé pour les islamistes des GIA dans les années quatre-vingt-dix, ce grand chef mafieux se serait désormais remis à son propre compte. Deuxième rectification: malgré les différents témoignages d'otages libérés dont certains confirment et d'autres contestent la version officielle, les mêmes sources affirment qu'il n'y a pas eu d'assaut et encore moins de victime parmi les ravisseurs qui auraient volontairement laissé partir leurs prisonniers vers le commando de l'armée algérienne. En fait, la clé et la compréhension de toute l'affaire réside dans la négociation pour la libération des derniers otages, négociation qui se poursuit entre Alger, Berne, et Berlin, un des pays voisins de l'Algérie ayant offert ses bons offices. L'élargissement du premier groupe de touristes aurait fait l'objet d'une tractation précisément destinée à garantir le versement d'une rançon de plusieurs millions de dollars, devant permettre - prochainement - la libération des quinze derniers otages. Tenues à l'écart de la première libération, les autorités helvétiques ont exprimé à Alger leur mécontentement. En effet, outre la dégradation de l'état de santé des derniers otages, Berne craint d'avoir à régler une bonne partie de la rançon finale. L'intelligence générale de l'affaire est encore compliquée par une instrumentalisation politique algéro-algérienne en vue de la prochaine élection présidentielle de 2004. En effet, en accusant les islamistes du GSPC, les opposants à une nouvelle candidature du président Bouteflika voudrait montrer toute l'incurie de la politique de réconciliation nationale. Richard LABEVIERE
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www.algeria-watch.org
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